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Décès en CHSLD: la coroner Kamel exaspérée par le peu de réponses des témoins

Au dernier mille de son enquête sur la vague de décès survenue dans les CHSLD, la coroner Géhane Kamel a exprimé son mécontentement lundi devant le peu de réponses fournies jusqu’ici par ses témoins.

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Après presque un an d’enquête, elle entendait son dernier témoin, celui qu’elle avait qualifié de «pièce manquante» à son puzzle afin d’expliquer la vague de décès survenus dans les CHSLD au printemps 2020, l’ex-directeur de la sécurité civile au ministère de la Santé, Martin Simard.

Questionné à savoir s’il se souvenait d’avoir discuté en mars 2020 du manque d’équipement de protection dans les CHSLD, Martin Simard a indiqué qu’il n’en avait pas souvenir.

Ce qui a momentanément fait sortir la coroner de ses gonds.

«Ça fait un an que ce qu’on nous répète c’est: je ne peux pas vous affirmer, je ne peux pas vous dire, et ce n’est peut-être pas notre ministère [etc.]. Il me semble que les gens devraient être capables de nous dire en toute franchise qu’ils ont peut-être eu un angle mort envers les CHSLD [...]», s’est-elle insurgée.

«Les deux bras me tombent, a-t-elle ensuite soupiré. En fait, le morceau de puzzle manquant, il sera toujours manquant parce qu’on n’arrive pas à se rendre au bout de cette histoire-là. Est-ce que c’est normal qu’on ne soit pas capable d’avoir une histoire qui se tienne?»

Pas spécifiquement pour les CHSLD

Martin Simard a également donné sa lecture de la lettre qu’il a fait parvenir au réseau de la santé, le 28 janvier 2020, pour lui demander de se préparer et que l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, avait brandie pour se défendre d’avoir négligé les CHSLD.

Selon l'ancien haut fonctionnaire, cette missive écrite en langage bureaucratique ne demandait pas aux établissements de préparer un de leurs secteurs en particulier, dans ce cas-ci les CHSLD.

«Cette correspondance, cet appel adressé aux établissements, était à l’effet de coordonner les efforts de préparation, en tenant compte de tous les secteurs», a-t-il décrit.

La première indication de la santé publique du risque particulier de la COVID-19 pour les aînés est plutôt venu le 11 mars 2021, a-t-il affirmé. Or, lors de son témoignage, l’ancien directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, avait pourtant affirmé avoir connaissance de cette information dès le mois de février.

Martin Simard a d’ailleurs ajouté qu’il revenait à la santé publique et la direction générale des aînés et des proches aidants (DGAPA) de lever un drapeau sur la vulnérabilité des CHSLD par rapport au virus.

«Les membres de l’équipe de sécurité civile n’ont pas de compétence clinique ou en virologie ou en épidémiologie», a-t-il rappelé.

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