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Le suspect du vol voulait protéger son complice

Sébastien Boulanger-Dorval

Photo d'archives

Le principal suspect du vol de données personnelles chez Desjardins a tenté d’échapper à des accusations criminelles et d’obtenir de l’argent, en échange de quoi il promettait de révéler le nom de son complice. 

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De nouvelles informations montrent comment Sébastien Boulanger-Dorval, qui travaillait au département du marketing chez Desjardins, a d’abord pensé à ses propres intérêts plutôt qu’à ceux des millions de victimes du vol, après avoir été démasqué par son employeur.

Elles sont contenues dans des affidavits policiers dont un juge a autorisé la publication de nouveaux extraits, lundi.

À la fin mai 2019, les services de sécurité de Desjardins ont perquisitionné la résidence de Boulanger-Dorval, sur la Rive-Sud de Québec, après s’être aperçu qu’il avait copié sans autorisation des listes de renseignements confidentiels des clients.

Dans la nuit du 26 au 27 mai, après une des perquisitions, Boulanger Dorval a rencontré des dirigeants de Desjardins pour avouer qu’il avait téléchargé et vendu les données personnelles. À qui? Il refusait de le dire.

Le lendemain, il a rappelé un responsable de la sécurité de l’institution financière et l’a rencontré pour lui proposer un marché.

«Lors de cette rencontre, Sébastien Boulanger-Dorval a imploré d’obtenir du chômage et de ne pas avoir d’accusation au criminel ainsi qu’aucune médiatisation de l’événement en échange du nom de la compagnie à qui il a vendu des informations», peut-on lire dans les documents consultés.

Échec sur toute la ligne

Cette tentative a complètement échoué et le suspect n’a rien obtenu de ce qu’il demandait, puisque:   

  • Il a bel et bien été congédié pour avoir orchestré la fuite de données. Et selon le gouvernement du Canada, le congédiement en raison d’une «inconduite» ne donne pas droit aux prestations régulières d’assurance-emploi.  
  • Il a été formellement arrêté le 6 juin 2019 pour fraude, vol d’identité et trafic de renseignements identificateurs, notamment.    

Toutefois, l’enquête criminelle est encore active et les accusations n’ont pas encore été formellement déposées à ce jour.  

  • L’événement a été hautement médiatisé par Desjardins. Le mouvement a notamment tenu une conférence de presse en juin 2019 pour annoncer le méga-vol de données, et une autre en décembre de la même année pour indiquer que le nombre de victimes était encore plus important que ce qui avait été précédemment divulgué.    

Prêteurs privés

Selon la police, la personne à qui Boulanger-Dorval a vendu les informations est Jean-Loup Masse-Leullier, un prêteur privé que l’employé de Desjardins avait rencontré via sa conjointe.

Les données volées se sont également retrouvées en possession d’autres financiers, qui les utilisaient pour trouver des clients potentiels, selon la thèse policière. Une dizaine d’individus et autant d’entreprises figurent dans la liste des suspects.

Au total, 9,7 millions de clients actuels et passés de Desjardins ont vu leurs renseignements personnels être dérobés.

Desjardins et la Sûreté du Québec ont mené plusieurs perquisitions dans ce dossier depuis le début 2019. 

La police allègue que la collaboration avec les responsables de l’institution financière a parfois été difficile, notamment au niveau de l’échange de documents et d’informations, ce qu’on nié les patrons de Desjardins.

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