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Crise des opioïdes : la moitié des Ontariens morts d’une surdose avaient cherché de l’aide

PHOTO FOURNIE PAR LA POLICE DE GATINEAU

La moitié des Ontariens ayant perdu la vie à la suite d’une surdose d’opioïde en 2020 auraient obtenu des soins médicaux dans le mois précédent leur mort.

C’est à tout le moins ce qui ressort d’un rapport de la Santé publique de l’Ontario paru mardi qui brosse un portrait de la crise. De plus, le rapport montre que le quart aurait cherché de l’aide dans la semaine précédant leur décès.

Comme dans les provinces de l’Ouest canadien, la pandémie a exacerbé la crise des opioïdes en Ontario, faisant grimper le nombre de décès d’environ 80 %. Plus précisément, 1017 décès avaient été enregistrés entre mars et décembre 2019, contre 1808 lors de la même période en 2020.

Diagnostiqués, mais sans traitement

Les données dévoilées mardi permettent aussi de constater que 89 % des personnes décédées d’une surdose en 2020 avaient déjà consulté pour un trouble de santé mentale lors des cinq années précédentes. Du nombre, les deux tiers avaient déjà consulté pour un trouble de consommation d’opioïdes.

Ces résultats démontrent que le système échoue à venir en aide aux gens à risque de faire une surdose, évaluent des médecins et experts. Ceux-ci ajoutent que la stigmatisation dans le système de santé rend difficile pour les personnes souffrant de dépendance d’obtenir des soins adéquats.

«Il y a des discussions autour du fait que les personnes qui souffrent de dépendance aux drogues et qui sont à risque de surdose sont vraiment déconnectées du système de santé. Bien que je pense que ce soit le cas, c’est surprenant de voir combien de personnes [sont allés chercher de l’aide] dans le système de santé très peu de temps avant de faire une surdose mortelle», a expliqué la Dre Tara Gomes, auteure principale du rapport, selon des propos relayés par le Toronto Star.

Parmi ceux qui ont eu des interactions dans le système de santé avant de mourir, seulement le tiers s’était fait prescrire un traitement de méthadone dans les cinq dernières années. «Ça confirme [...] que les traitements qui existent ne se sont pas adaptés assez rapidement pour suivre les changements dans l’approvisionnement des drogues illégales», a expliqué la Dre Gillian Kolla, co-auteure du rapport.

Ainsi, le rapport montre qu’environ 6 % des personnes décédées d’une surdose auraient visité les urgences dans les semaines avant leur mort, un chiffre légèrement plus élevé chez les personnes vivant aussi en situation d’itinérance.

«Nous entendons souvent des personnes qui ont eu une surdose, qui sont allées à l’urgence, mais qui n’ont pas reçu de traitement [pour leur dépendance]», a ajouté la Dre Kolla.

Les deux expertes jugent qu’il y a un besoin criant de ressources dans le système de santé afin de venir en aide aux personnes souffrant de dépendance.

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