/regional/sherbrooke/estrie

Détérioration des soins: une idée qui arrive trop tard en Estrie

Les intentions de Québec, qui s’est dit prête mardi à accepter une détérioration de la qualité des soins dans les hôpitaux en raison de la COVID-19, arrivent trop tard aux yeux de la santé publique de l’Estrie.

• À lire aussi: Qualité des soins réduite: «Ça, c’est épeurant!»

• À lire aussi: 600 lits supplémentaires doivent être libérés dans les hôpitaux

• À lire aussi: Le pic des hospitalisations pas encore atteint au Québec

«C'est surprenant qu'un tel plan, même si on ne connaît pas tous les détails, arrive à la fin d'une cinquième vague, alors qu'on n'a pas eu le choix, en contexte de pandémie, de surcharge et de manque de ressources, de revoir déjà la qualité minimale des soins», a avancé le chef du département de médecine générale au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Dr Benoit Heppell.

Le Dr Heppell s'étonne aussi d'apprendre que certaines mesures envisagées par le gouvernement aient déjà été proposées il y a plusieurs mois.

«Il y a plusieurs de ces éléments qui ont déjà été discutés sur le plancher des vaches et qui auraient apporté de l'eau au moulin non seulement pendant la cinquième vague, mais depuis 22 mois», a-t-il fait remarquer.

Le Collège des médecins devra aussi sortir de son mutisme, selon le Dr Heppell.

«C'est sûr qu'il y a des enjeux médico-légaux dans le fait de diminuer la qualité des soins attendus et jamais, depuis le début de la pandémie, je n'ai entendu d'organismes réglementaires, dont le Collège des médecins, se prononcer sur ça.»

En attendant, d'autres médecins se disent prêts à faire des compromis sur la façon de gérer la COVID-19 dans leurs unités de soins, mais pas sur la qualité des soins qu'ils offrent à leurs patients.

C'est le cas d’un pneumologue et intensiviste au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, le Dr Yannick Poulin.

« Un jour, on va avoir à vivre et apprendre à vivre avec la COVID comme une maladie qui sera relativement fréquente l'hiver, comme d'autres virus. Mais pas de là à donner des soins sous-optimaux à nos patients, malgré le bordel dans l'hôpital. Tous ceux qui traitent les patients les traitent comme ils le faisaient avant et comme ils le feront après, au mieux de leur capacité», a-t-il dit.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.