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Ex-conjointe brûlée vive: la «perpétuité» ne devrait pas s’appliquer, estime la défense

Les avocats représentant l’homme qui a immolé sa conjointe dans le quartier Saint-Sauveur en 2019 estiment que la «perpétuité» ne devrait pas s’appliquer à leur client et ils réclament plutôt une peine variant «entre 7 et 15 ans». 

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Si lundi, dans le cadre des observations sur la peine, l’avocat représentant la Couronne, Me Matthieu Rochette a tablé sur les nombreux facteurs aggravants entourant le crime commis par Frej Haj Messaoud, mardi, la défense a tenté de faire ressortir les facteurs pouvant atténuer la peine d’emprisonnement qui devra être imposée à l’homme de 41 ans.  

Me Luc Picard a notamment rappelé que l’accusé avait plaidé coupable à l’accusation de tentative de meurtre et qu’il n’avait pas d’antécédent judiciaire.  

Il a également invité le juge Guy De Blois à prendre en compte le passé de l’accusé ainsi que son enfance qu’il a qualifiée de «difficile» puisque marqué par la violence conjugale.  

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Prudence 

Revenant sur le rapport fourni par l’agent de probation pour éclairer la Cour et donner au magistrat un portrait de l’accusé, Me Picard a invité le juge à la prudence concernant, entre autres, le risque de récidive que l’agent qualifie «d’important».  

«Je vous soumets qu’il s’agit là d’une opinion et que nous sommes plus dans l’hypothétique que dans le concret», a-t-il dit.  

Il a complété en rappelant que, depuis sa détention, Haj Messaoud avait fait trois rencontres en lien avec la sensibilisation de la violence et que l’accusé, qui s’est montré émotif lorsqu’il a vu les blessures de sa victime, n’était pas «complètement insensible». 

Regrets et remords

En réplique, Me Rochette a rappelé au magistrat que le rôle de l’agent de probation était justement de «donner son opinion», que ce rapport avait été préparé à la demande de la défense et que celui-ci, rédigé deux ans et demi après le crime, amenait le constat que la détention avait eu très peu d’effets sur les remords de l’accusé.  

Finalement, Haj Messaoud a lu au Tribunal une lettre dans laquelle il s’est adressé à sa victime, mentionnant qu’il lui souhaitait « de retrouver la paix et la joie» et qu’il assumait « les conséquences de ce geste affreux».  

Toutefois, à la toute fin, il a demandé au juge de ne pas lui «donner une trop grosse peine» parce qu’il était «vraiment désolé». La sentence sera rendue en mai.  

Rappelons que le soir des événements, alors que Wiem Haj Amor récupérait des achats dans le coffre de sa voiture, l’accusé a saisi sa conjointe par-derrière puis il l’a aspergé d’essence. Malgré les supplications de la victime, il a allumé un briquet, transformant la femme en véritable torche humaine sous le regard horrifiée de leur fillette. 

Extraits de la lettre lue par l’accusé au Tribunal       

- «Je n’ai pas réfléchi aux conséquences de mes actes et j’ai vraiment honte»    

- «Depuis que j’ai causé ce drame, je vis dans la tristesse et le malheur».     

- «Je m’excuse d’avoir ruiné ta vie et de t’avoir causé toutes ses douleurs et souffrances».    

- «Ça me fait mal de constater que tu crains pour ta sécurité et ta vie».     

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