/finance/homepage

La Vérificatrice générale du Québec veut serrer la vis à Otéra Capital

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc

Photo d'archives, Stevens Leblanc

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc

La Vérificatrice générale du Québec a proposé, mardi, de serrer la vis aux conseils d’administration des filiales détenues en majorité par des sociétés d’État, comme Otéra Capital, en les obligeant à divulguer le salaire de leurs membres.

En commission parlementaire, mardi, Guylaine Leclerc a fait état de ses recommandations au sujet du projet de loi 4 du gouvernement Legault qui vise à renforcer la gouvernance des sociétés d’État.

Celui-ci vise notamment à obliger plus de sociétés d’État à dévoiler la rémunération de leurs hauts dirigeants. S’il est adopté, le même principe serait également appliqué pour les membres des conseils d’administration de ces entités «hors fonction publique» comme Hydro-Québec, la SAQ ou la CNESST, tout en les obligeant à se situer dans la zone paritaire, c’est-à-dire composée à 40-60 % de femmes.

Mais le gouvernement ne devrait pas se limiter seulement aux sociétés d’État détenues à 100 % par Québec, et devrait élargir également ces obligations aux filiales qu’elles détiennent en majorité, croit la Vérificatrice générale.

«À titre d’exemple, Otéra Capital et Ivanhoé Cambridge, détenues respectivement à 97,5 % et à 95,5 % par la Caisse, ne sont pas assujetties à ces dispositions, alors qu’il s’agit de filiales importantes détenues en quasi-totalité par la Caisse [de dépôts et placements (CDPQ)]», a-t-elle fait valoir.

Rappelons qu’une série de reportages sur l’éthique chez Otéra, publiée par notre Bureau d’enquête à l’hiver 2019, avaient poussé la Caisse à déclencher une vaste enquête interne qui a coûté 5 M$ et menée au congédiement de son PDG, Alfonso Graceffa, et du deux tiers des membres de son conseil d'administration.

Selon Guylaine Leclerc, toute filiale détenue à 50 % ou plus par une société d'État devrait d’ailleurs être soumise à ces obligations plus strictes.

«On s’interroge. On n’aurait qu’à donner 1 % d’une société à une entité tierce et elle sortirait de l’application de la loi», a-t-elle souligné.

Le ministre des Finances, Eric Girard, s’est montré intéressé par la suggestion et a indiqué qu’il l'étudierait.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.