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Le nombre d’étudiants étrangers au Canada a presque triplé depuis 2008

AGNÈS CHAPSAL/24 HEURES/AGENCE QMI

Le nombre d’étudiants étrangers au Canada a presque triplé en 11 ans, une augmentation qui se reflète dans la proportion d’immigrants potentiels qui voient dans leurs études une porte d’entrée au pays.

Une nouvelle analyse de Statistique Canada explique que le nombre de permis d’études délivrés annuellement a connu un bond de 280 % entre 2008 et 2019, passant de 45 900 à 173 000 étudiants.

Dans le même intervalle, le nombre de permis accordés aux États-Unis a augmenté de 7 %, contre 50 % au Royaume-Uni et 52 % en Australie.

Si le Canada a «pris la tête» des pays occidentaux en la matière, c’est non seulement à cause de politiques visant à encourager les études au Canada, mais aussi à cause de la baisse de 23 % que les États-Unis ont connu durant l’ère Trump, entre 2016 et 2019.

Une politique qui a pu changer la donne : la possibilité, en 2014, pour les étudiants se trouver une place sur le marché du travail aussitôt après la fin de leurs études, sans nouveau processus bureaucratique.

Les Permis de travail postdiplôme explosent

La possibilité de dénicher un Permis de travail postdiplôme (PTPD) facilement une fois les études terminées, qui en retour facilite la démarche vers l’obtention de la résidence permanente, «est considérée comme un facteur d’attraction pour les étudiants étrangers éventuels».

Ce n’est donc pas une surprise si, entre 2008 et 2018, le nombre annuel de nouveaux titulaires de PTPD a augmenté de plus de six fois, pour passer de 10 300 à 64 700. Environ les trois quarts de ces détenteurs de permis ont trouvé un emploi, une proportion qui n’a pas changée durant les dix années.

«Un an après l’expiration de leur permis d’études, 16 % des étudiants étrangers titulaires d’un permis d’études expiré en 2008 avaient obtenu un PTPD; cela se compare à 43 % de ceux qui ont un permis d’études qui a expiré en 2017», explique Statistique Canada.

L’Inde est le pays de provenance par excellence. L’analyse rapporte que «la part des PTPD obtenus par des étudiants étrangers de l’Inde a augmenté plus de quatre fois pour passer de 10 % en 2008 à 46 % en 2018».

À l’inverse, le nombre d’étudiants étrangers en provenance de Chine est passé de 41 % à 20 % lors de la même période. À eux seuls, l’Inde et la Chine, plus populeux pays au monde, représentent 66 % des détenteurs du PTPD accordés en 2018.

L’Ontario, destination de choix

De grandes différences subsistent entre les provinces et les territoires du pays quant au choix des étudiants étrangers.

Parmi ceux ayant reçu leur PTPD, ils étaient 56 % à vouloir travailler en Ontario (44 % en 2008), contre 16 % pour la Colombie-Britannique et 11 % pour le Québec (16 % et 11 % en 2008).

Or, les perspectives de succès se sont amincies dans la province. En 2018, le taux de détenteurs d’un nouveau PTPD en Ontario était de 72 %, alors qu’au Québec, il se situait à 78 %. Depuis 2010, c’est la première fois que le Québec dépasse sa voisine.

Ces chiffres ne sont pas étrangers à la faible proportion que représente l’immigration francophone dans la tarte fédérale.

Des revenus changeants

Les différences existent aussi au niveau du revenu médian en fonction de la province et du territoire.

À 23 200 $, le Québec est l’endroit où le revenu médian des détenteurs de PTPD est le plus faible au pays, derrière la Nouvelle-Écosse qui arrive avant-dernière avec un revenu médian de 23 400 $.En Ontario, ce revenu se situe à 26 000 $, mais c’est en Alberta et en Saskatchewan où ces étudiants fraîchement gradués gagnent le plus, avec 32 000 $ et 30 400 $ respectivement.

Les revenus les plus élevés se trouvent dans les domaines de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz. Le salaire médian s’y établissait à 47 600 $ en 2018.Globalement, le revenu médian au pays est passé de 14 500 $ à 26 800 $, «ce qui témoigne d’un engagement accru sur le marché du travail».

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