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Arianne Phosphate: des essais pour les batteries de véhicules électriques

L’entreprise Arianne Phosphate participe actuellement à des essais concernant l’utilisation de phosphate dans les batteries pour véhicules électriques, un projet qui pourrait permettre l’exploitation d’une mine au lac à Paul, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Quand le fabricant automobile Tesla a équipé certains modèles de batteries LFP pour lithium, fer et phosphate, le signal a été donné et Arianne Phosphate a vu le potentiel.

«Ça a ravivé beaucoup d’intérêts dans le marché, a indiqué le chef des opérations, Raphaël Gaudreault. Le marché des batteries lithium fer phosphate est en grande explosion présentement. C’est sûr que c’est quelque chose qu’on regarde pour approvisionner ce marché.»

La batterie LFP peut servir aux automobiles, mais aussi à accumuler de l’énergie résidentielle au lieu du solaire et de l’éolien. Cette technologie n’est pas nouvelle, mais les développements récents lui ont donné un avantage important.

«Elle a une possibilité d’avoir plusieurs cycles de charges et décharges avant qu’elle devienne désuète comparativement aux batteries au nickel et cobalt», a expliqué M. Gaudreault, qui a précisé qu’elle a aussi un meilleur bilan environnemental.

Et le Québec a tout ce qu’il faut pour fournir les éléments à la fabrication de cet équipement électrique.

«Au Québec, on a du lithium. On a du fer. Le Québec est un producteur de fer depuis les années 50 et 60. Et nous, on a le phosphate. Donc, ça complète le trio qui est requis pour faire du LFP», a estimé le chef aux opérations.

L’option batterie est nouvelle chez Arianne Phosphate, alors que des discussions sont en cours avec des constructeurs de LFP.

«C’est un nouveau marché. Ce n’est pas un changement d’orientation, a assuré Raphaël Gaudreault. Présentement, on croit toujours que la majorité du produit sera destinée à l’industrie du fertilisant et de la nourriture. Par contre, on est ouvert à toutes options au niveau des fabricants de batteries.»

Arianne Phosphate s’est également inscrite au Registre des lobbyistes du Québec pour réclamer une aide de Québec afin de financer la recherche sur l’utilisation du phosphate dans les batteries.

Elle a aussi rejoint un consortium formé de l’Université de Montréal, de Némaska Lithium, de Minerais de fer Québec et de Johnsson Matthey, une multinationale qui produit du LFP pour des fabricants de batteries.

«On vise à combiner nos matériels et valider qu’on aura une bonne combinaison pour produire un LFP de qualité qui satisferait les producteurs de batteries», a ajouté M. Gaudreault.

Le produit, sorti à 200 kilomètres au nord de Saguenay, est en train d’être analysé.

«On a envoyé du produit de notre concentré à une tierce partie pour qu’elle puisse confirmer que c’était faisable et facile de faire de l’acide phosphorique grade batterie à partir de notre concentré», a mentionné M. Gaudreault.

Dans une autre démarche, Arianne Phosphate a confié des recherches à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), car son produit pourrait aider à alimenter les véhicules lourds à l’hydrogène. Ce carburant remplacerait ainsi le diesel.

Malgré tout ce potentiel, Arianne Phosphate en est toujours à l’étape de dénicher des clients avant de pouvoir commencer sa production dans le secteur du lac à Paul au nord de la région.

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