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Des maires du Saguenay demandent l’élargissement de l’accessibilité au HLM

Au sud du Saguenay, des maires pressent Québec d'assouplir les règles pour que plus de citoyens à faibles revenus puissent habiter dans ces habitations à loyer modique (HLM).

La ministre responsable de l’Habitation, Andrée Laforest, semble vouloir agir afin de changer les choses.

À Petit-Saguenay, il y a une trentaine de HLM. Une sur cinq est libre. «Ça fait plusieurs années que ça dure. La situation s'est particulièrement détériorée au cours des deux dernières années», a indiqué le maire Philôme La France.

Dans cette municipalité, pour une personne seule, le plafond de revenus pour un HLM vient de passer de 21 000$ à 27 300$. Le maire estime qu'il est temps qu'on modernise davantage les règles.

«Le modèle des HLM a besoin d'être revisité de façon urgente. Déjà, il y a des choses qui bougent du côté de la Société d’Habitation du Québec (SHQ). Mais, ça pend encore des changements. Il faut qu'il y ait plus de flexibilité», a suggéré le maire La France.

Sa municipalité a d’ailleurs perdu des familles qui voulaient s'établir. « C'est affreux pour nous qui sommes en décroissance démographique. Qui tentons d'attirer des gens chez nous. »

À Rivière Éternité, le taux de HLM vides frôle les 50%. Cinq sur 12 sont inoccupés, actuellement.

«Ça 10 ou 15 ans que ça fonctionne de même. C'est un gros problème», a évalué le maire Rémi Gagné.

Ce ne sont pas des situations uniques. Plus de 10% des 293 HLM à la MRC Fjord-du-Saguenay sont libres. Et le marché privé est saturé.

«Il y a beaucoup de jeunes familles qui veulent s'en venir à Rivière-Éternité, mais à cause du problème du montant des logements, ils ne sont pas admissibles», a noté Rémi Gagné.

En plus, ces HLM inoccupés coûtent cher aux municipalités, à la SHQ et aux contribuables parce qu’il faut continuer de s'occuper de leur entretien.

On assume seulement 10% de la note», a expliqué Philôme La France. «Autour de 15 000$ pour nous. Ça veut dire autour de 135 000$ pour la SHQ. C'est l'ensemble des contribuables québécois qui payent ça.»

Même réaction chez son collègue de Rivière-Éternité. «C'est nous autres qui payons pour ça. La bâtisse est chauffée et les logements sont vides», a imagé Rémi Gagné.

Mais la ministre Andrée Laforest se défend. «On a déjà agi pour tous les HLM au Québec.»

Son gouvernement a bougé en relevant le seuil de revenus, une première en 10 ans, rappelle la ministre. D’autres changements sont à venir afin d’améliorer l’accessibilité à ces logements.

«Il faut que ce soit clair, les critères qu'on a changés l'été passé sont permanents. Il faut vraiment laisser les HLM pour des gens dans le besoin. Ça, c'est vraiment prioritaire. Maintenant, dans une municipalité, s'il n'y a pas assez de logements, ce n'est pas normal de garder des logements vacants. C'est pour ça qu'il faut assouplir les critères pour dire, on va les offrir aux gens qui en ont besoin.»

Philôme La France espère que le système a compris qu’il faut améliorer les choses. «On sent qu'il y a une volonté. Certainement, mais c'est sûr qu'en politique, ça prend du temps.»

Les maires de Petit-Saguenay, L’Anse-St-Jean et Rivière-Éternité se rencontreront dans deux semaines afin d'établir comment ils maintiendront la pression sur Québec.

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