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Des milliers de documents sur les pensionnats transférés

Le Ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Photo AFP

Le Ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le gouvernement fédéral commence aujourd’hui le dévoilement de milliers de documents jusqu’ici gardés secrets sur les pensionnats autochtones, dont celui de Fort George, au Québec.  

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Les récits scolaires de 11 établissements de partout au pays seront transférés à compter d’aujourd’hui au Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR), puis, dès qu’ils auront été traités par le personnel du centre, seront mis à la disposition des survivants et des familles toujours en quête de disparus.

Parmi les 11 établissements concernés, deux se trouvaient au Québec: le pensionnat anglican de St Philip's, à Fort George, où des enfants étaient enfermés de 1933 à 1975, et les Mistassini Hostels, trois résidences où, de 1971 à 1978, logeaient des élèves fréquentant des écoles de jour.

«Onze récits scolaires, ça peut sembler très peu, mais on parle de milliers de documents», a souligné le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller.

Ottawa détiendrait par exemple 895 documents sur le pensionnat de St Philip's, d’après un affidavit déposé en Cour supérieure de l’Ontario par l’avocat de plusieurs survivants, Me David Schulze.

Il s’agit de documents administratifs, de plans, de lettres, de registres d’inscriptions, de rapports d’accidents, d’abus ou de négligences, et même de registres de cimetières.

En complément, quelque 800 000 documents seront également transférés dans des formats lisibles.

Attendus depuis longtemps

Tous ces documents ont été rassemblés et archivés par Affaires autochtones et du Nord Canada pour faire des compilations sur chacun des pensionnats autochtones du pays.

Ils devaient être livrés à la Commission de vérité et de réconciliation, puis archivés au CNVR, mais la commission a remis son rapport final en 2015 avec en main seulement une partie des archives fédérales.

«Il était plus que temps» que l’État livre ces documents, a souligné Stéphanie Scott, du CNVR.

Le printemps dernier, peu après la découverte de sépultures anonymes à Kamloops, le centre avait déploré que la lenteur d’Ottawa dans ce dossier ralentisse les recherches d’enfants disparus.

D’autres documents toujours secrets

Le ministre Miller en a profité pour appeler les provinces et les organisations religieuses qui maintiennent encore des documents secrets à les transférer au CNVR.

Son ministère continue néanmoins de garder dans l’ombre des documents clefs sur d’autres établissements, qu’il refuse de reconnaître comme partie intégrante du système des pensionnats. C’est le cas, par exemple, du Pavillon Notre-Dame-de-la-Route, en Abitibi, où a sévi pendant plus de deux décennies un prêtre pédophile sur les agissements duquel Ottawa a fermé les yeux.

Interrogé sur la date à laquelle les documents concernant ces établissements seraient dévoilés, le ministre Miller n’a pas voulu se commettre, plaidant que des poursuites judiciaires sont en cours.

Il avait auparavant souligné qu’il était temps pour l’État de cesser de se concentrer uniquement sur des droits au sens de la loi, pour s’attacher plutôt à ses obligations morales.

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