/news/coronavirus

La colchicine est le remède le moins efficace contre la COVID

Photo courtoisie

L’utilisation de la colchicine pour réduire les complications de la COVID-19, vantée l’année dernière à grand renfort de publicité par l’Institut de cardiologie de Montréal, vient de heurter un écueil de plus.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill a publié hier une compilation sur l’efficacité des traitements qui existent actuellement pour atténuer l’impact de la COVID-19. 

En tête de liste se distingue le nouveau médicament très attendu de Pfizer, le Paxlovid, alors que la colchicine, elle, se classe en dernière place, selon ce palmarès établi par des chercheurs montréalais.

Le bon choix 

Le but de l’étude est d’aider les médecins à faire un bon choix de traitement. 

« Il nous a semblé important de mener cette étude afin de faciliter la prise de décision comparative concernant le choix du traitement », écrit-on dans le communiqué de l’étude.

Huit médicaments ont été examinés par le groupe de chercheurs. 

Le plus efficace est le Paxlovid, approuvé par Santé Canada lundi dernier, à raison, indique-t-on, d’une hospitalisation évitée pour 24 patients traités, et ce, pour un coût de 12 720 $. 

Le moins utile est la colchicine, à raison d’une hospitalisation évitée pour 87 patients, pour un coût de 3333 $.

Aux deuxième et troisième rangs se classent des médicaments qui sont presque aussi efficaces que le Paxlovid, le Sotrovimab (une hospitalisation évitée pour 25 patients) et le Remdesivir (une pour 28), mais qui sont beaucoup plus chers, avec des coûts de traitement de 52 000 $ chacun.  

  • Écoutez la revue de l'actualité de Philippe-Vincent Foisy et Maude Boutet sur QUB radio:   

Une preuve de plus

Cette étude vient donc confirmer une fois de plus l’utilité très limitée de la colchicine dans l’arsenal thérapeutique pour combattre la COVID-19.

Pourtant, il y a un an, l’Institut de cardiologie de Montréal annonçait en grande pompe, à la suite d’une étude clinique, que l’utilisation de la colchicine constituait une « découverte scientifique majeure » pour réduire les symptômes de la COVID-19.

Quelques mois plus tard, la version définitive de l’étude de l’Institut de cardiologue, révisée par des experts externes, était publiée dans la revue médicale The Lancet et elle concluait plutôt à l’utilité limitée de la colchicine.

Précisons que l’étude du Centre universitaire de santé McGill ne s’oppose pas à l’usage de la colchicine contre la COVID-19. 

Cependant, il faut rappeler que l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux, chargé de conseiller les médecins sur les médicaments au Québec, est intervenu à deux reprises pour en déconseiller l’utilisation, l’année dernière.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.