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L’inflation s’accélère, gare à 2022 pour votre portefeuille

Les prix d’absolument tous les produits et services – nourriture, logement, transports, etc. – ont augmenté en décembre dernier, ce qui va se produire à nouveau dans les premiers mois de 2022, voire plus longtemps encore. 

Statistique Canada indiquait hier que l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,4 % – 3,8 % au Québec – en 2021, soit la plus forte hausse depuis 1991. 

Surtout, l’agence fédérale a indiqué qu’en décembre, la hausse a été de 4,8 % (5,1 % au Québec), alors qu’elle avait été de 4,7 % en novembre. L’inflation s’accélère donc, et dans toutes les catégories. Même le prix de la bière ne sera pas épargné.

Source : Statistique Canada. Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.

« L’année 2021 a commencé doucement et l’inflation a pris de l’ampleur plus l’année passait. Pour les prochains mois, ça va continuer à des niveaux très élevés », indique l’économiste principal de Desjardins, Benoit P. Durocher. 

Ce n’est qu’au printemps, voire plus tard, qu’on peut espérer revenir à des niveaux normaux. 

« L’inflation doit être de 1 % à 3 % en temps normal. À 5,1 % au Québec, ça va prendre plusieurs mois avant de revenir là », ajoute l’économiste. 

Écoutez la chronique de Michel Girard sur QUB radio: 

Les prédictions concernant l’inflation – à la hausse ou à la baisse – sont d’ailleurs moins précises, ou « plus risquées » que jamais. 

« Avec tout ce qui se passe, on a élevé le niveau de risque de nos prédictions », indique M. Durocher.

Les raisons de la hausse des prix, on commence à les connaître. Problèmes de transport, difficulté d’approvisionnement, pénurie de main-d’œuvre, demande forte. 

Source : Statistique Canada. Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.

« On a un paquet de problèmes qui restreignent l’offre », résume l’expert. 

Pouvoir d’achat  

Lyne Riendeau, rencontrée hier dans un Maxi de la Rive-Sud de Montréal, dit qu’elle doit couper dans les gâteries à l’épicerie pour acheter le strict nécessaire : « Des bananes chez nous, c’est une nécessité. C’est dur, mais on n’a pas le choix. On va couper sur d’autres choses. »

Photo Francis Halin

Lyne Riendeau, rencontrée hier dans un Maxi de la Rive-Sud de Montréal, dit qu’elle doit couper dans les gâteries à l’épicerie pour acheter le strict nécessaire : « Des bananes chez nous, c’est une nécessité. C’est dur, mais on n’a pas le choix. On va couper sur d’autres choses. »

Pendant ce temps, les salaires n’ont augmenté que de 2,6 %, toujours selon Statistique Canada. 

Les Québécois ont ainsi vu leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil au cours de la dernière année. 

Valérie Desmeules, croisée hier dans l’allée des fruits et légumes du IGA de Saint-Basile-le-Grand, ne pense pas que les prix de la nourriture vont redescendre. « Les pommes sont très chères. Franchement, pour un fruit qui vient d’ici, c’est un peu outrancier », lance-t-elle.

Photo Francis Halin

Valérie Desmeules, croisée hier dans l’allée des fruits et légumes du IGA de Saint-Basile-le-Grand, ne pense pas que les prix de la nourriture vont redescendre. « Les pommes sont très chères. Franchement, pour un fruit qui vient d’ici, c’est un peu outrancier », lance-t-elle.

Mais la tendance à plus long terme est moins sombre. « Depuis 2010, les salaires ont augmenté plus vite que l’inflation les deux tiers du temps. Le pouvoir d’achat des Canadiens s’est donc accru », nuance Mia Homsy, PDG de l’Institut du Québec (IDQ). 

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Sylvain Charlebois, directeur principal Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire et professeur, Université Dalhousie sur QUB radio : 

Il y a de l’espoir, ajoute Jean-François Rouillard, professeur agrégé à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. 

« Compte tenu des pénuries de main-d’œuvre un peu partout, le pouvoir d’achat devrait augmenter. Je m’attends à voir d’importants rattrapages salariaux », dit-il. 

Là où ça fait mal  

En 2021, il n’y a que les vêtements et les chaussures qui n’ont pas coûté plus cher. Tout le reste des composantes de l’IPC, comme le logement ou la nourriture, a fait tout un bond. Les transports remportent la palme avec une augmentation de 7,2 %, notamment en raison de la hausse du prix des voitures de seconde main. 

Source : Statistique Canada. Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.

◆ Après l'assouplissement des mesures de distanciation lié à la COVID-19 tout au long de l'année 2021, les prix des services consommés à l'extérieur du domicile ont commencé à se redresser par rapport aux creux observés en 2020.

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