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EN IMAGES | À Washington, les opposants à l’avortement marchent le sourire aux lèvres

La fin de partie n’est pas encore sifflée, mais les Américains opposés à l’avortement savouraient déjà leur victoire vendredi dans les rues de Washington, portés par la conviction que la Cour suprême reviendra, bientôt, 50 ans en arrière. 

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Le 22 janvier 1973, la haute juridiction a reconnu, dans son arrêt historique «Roe v. Wade», le droit des Américaines à avorter. Depuis, chaque mois de janvier, les opposants aux interruptions de grossesse affluent vers la Cour suprême pour lui demander d’annuler cette décision.

Cette année, ils étaient encore des milliers, venus de tout le pays. Dans leurs rangs, comme toujours, beaucoup de jeunes venus avec leur église ou leur école, mais aussi des hommes en soutane et des familles, brandissant des pancartes «Nous choisissons la Vie» ou «Le futur est antiavortement».

Mais, de l’avis général, l’ambiance, «joyeuse» et «optimiste», était très différente des précédentes éditions.

«Les autres années, on était prêts à partir au combat», raconte Joseph Scordato, un jeune homme habillé en tenue de chevalier, symbole de sa lutte pour «la vie des innocents». «Cette année, c’est plus festif parce qu’on sait que c’est le début de la fin de l’avortement en Amérique !»

Comme lui, les manifestants arboraient de larges sourires malgré la température glaciale. «Il y a de la lumière au bout du tunnel», glissait Marsha Chamberlain, 72 ans, qui au cours des dernières 37 années n’a manqué que quatre «Marches pour la Vie».

«Ça pourrait bien être la dernière...», espérait-elle.

«Changement historique»  

Profondément remaniée par l’ancien président Donald Trump, qui a nommé trois de ses neuf juges, la Cour suprême leur a envoyé récemment plusieurs signaux qu’ils trouvent «positifs».

D’abord, elle a refusé à plusieurs reprises de bloquer une loi du Texas qui, pourtant, viole clairement sa jurisprudence en interdisant les avortements dès six semaines de grossesse, alors qu’elle a fixé la barre autour de 24 semaines.

Surtout, plusieurs de ses juges conservateurs ont laissé entendre, lors de l’examen d’une loi restrictive du Mississippi, qu’ils étaient prêts à restreindre voire à annuler purement et simplement l’arrêt Roe v. Wade.

«Leurs commentaires ont montré qu’ils respectent la vie humaine», estimait Karlie Lodjic, une militante de 24 ans venue exprès de l’État de Washington, à l’autre extrémité des États-Unis.

Sur l’estrade, où une vingtaine d’élus républicains ont défilé, Jeanne Mancini, présidente de la «Marche pour la Vie», a rendu un hommage aux militants, comme cette jeune femme, impliqué sur le terrain.

«On espère et on prie pour que 2022 amène un changement historique pour la Vie», leur a-t-elle lancé, saluant le résultat «d’années de dur labeur et de votre présence ici».

«Encore du travail»  

«Ne vous y trompez pas», a toutefois ajouté l’organisatrice de cette grand-messe : «Si Roe tombe, les lignes de bataille bougeront» mais «le combat continuera dans les Etats».

La Cour doit rendre sa décision avant la fin juin. Si elle revient en arrière, cela signifiera que chaque État sera libre d’interdire ou non les avortements. Une moitié d’entre eux, surtout dans le sud et le centre des États-Unis, sont prêts à le faire à plus ou moins long terme.

Les États progressistes des côtes ont, à l’inverse, l’intention de sanctuariser l’accès à l’avortement sur leur sol. «On aura encore du travail à faire pour changer les cultures, pour soutenir les familles, les mères, les gens dans des situations difficiles», soulignait Missy Martinez-Stone, 32 ans, qui participait vendredi à la marche.

Impliquée depuis 17 ans dans la lutte contre l’avortement, cette habitante de Louisville, dans le Kentucky, ne pensait pas voir «aussi vite» la fin de Roe v. Wade. «Ça me rend optimiste, mais je sais que ce n’est pas la fin.»

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