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Bonnardel prend les gens pour «des valises», dit une coalition

Periode des questions

Photo Agence QMI

La coalition Non au troisième lien s’indigne des propos du ministre des Transports, François Bonnardel, qui prend les gens « pour des valises » en « instrumentalisant » les entraves à venir dans les années 2030 sur le pont Laporte pour justifier le projet de tunnel Québec-Lévis.

Les différents groupes environnementaux qui forment cette coalition – avec l’appui d’organismes citoyens et de quelques conseils de quartier – ont diffusé un communiqué, samedi, réagissant aux propos du cabinet du ministre cette semaine.

Vieillissant, le pont Pierre-Laporte fera l’objet de travaux d’entretien accrus au cours des prochaines années, lesquels culmineront avec le remplacement complet du tablier du pont en 2037, un chantier d’envergure qui aura un impact considérable sur les déplacements interrives.

Un tunnel pour soulager le trafic

« Ces informations confirment l’importance du projet de tunnel Québec-Lévis pour assurer la fluidité de la circulation et la vitalité économique de la grande région de la Capitale-Nationale », faisait-on valoir au cabinet du ministre Bonnardel.

« La mise en service du tunnel Québec-Lévis, prévue pour le début des années 2030, permettra [...] de diminuer les répercussions de ces travaux majeurs en offrant une nouvelle possibilité pour traverser d’une rive à l’autre », avait ajouté le MTQ.

« Nous dire que le troisième lien va être une solution en vue des travaux sur le tablier du pont Pierre-Laporte en 2037, c’est vraiment prendre les gens pour des valises et chercher tous les prétextes possibles pour justifier un projet qui ne l’est pas. C’est comme vouloir s’acheter un char neuf lorsque les pneus du sien doivent être changés ! » réplique Étienne Grandmont, d’Accès transports viables, membre de la coalition.

Miser sur les liens déjà en place

La coalition affirme que « l’entretien et l’optimisation des infrastructures existantes doivent primer sur l’ajout de nouvelles routes ou autoroutes pour éviter d’aggraver la congestion par trafic induit ». Les autres infrastructures, comme la traverse Québec-Lévis et le pont de Québec, ont besoin d’amour « dès aujourd’hui et non en 2030 ou 2037 », martèle Sarah V. Doyon, de Trajectoire Québec.

« C’est intéressant de constater que le gouvernement planifie les travaux d’asphaltage dans l’horizon 2037, alors qu’il n’est toujours pas capable de dire comment on va atteindre nos cibles de réduction de GES d’ici 2030, a renchéri Marc-André Viau d’Équiterre. On invite le gouvernement à prioriser l’adaptation des infrastructures existantes à l’impact des changements climatiques plutôt que d’engouffrer dix milliards dans un projet superflu. »

« Y a-t-il moyen d’améliorer la mobilité de façon durable entre les deux rives ? Sûrement, mais en s’entêtant sur un tunnel autoroutier et en excluant toute étude sur des solutions de rechange, le gouvernement empêche un réel débat », déplore Charles Bonhomme, de la Fondation David Suzuki.  

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