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La prison pour le client d’une escorte mineure

La photo de la fausse annonce d’escorte de la police de Montréal, qui a permis d’arrêter sept clients de prostitution juvénile. Il s’agissait d’une agente d’infiltration.

Capture d'écran courtoisie

La photo de la fausse annonce d’escorte de la police de Montréal, qui a permis d’arrêter sept clients de prostitution juvénile. Il s’agissait d’une agente d’infiltration.

Un père de famille qui a acheté les services d’une prostituée mineure sans se douter qu’il s’agissait en fait d’une policière a écopé de six mois de prison, même s’il espérait s’en sortir sans casier judiciaire.

« Le problème [de la prostitution juvénile] sur le territoire de Montréal est pressant et incontestable. Les chiffres sont alarmants au plus haut point », a récemment commenté le juge Dennis Galiatsatos avant de condamner Christophe Bernard, au palais de justice de Montréal.

C’est que Bernard, 37 ans, fait partie d’un groupe d’individus arrêtés à l’été 2019 à la suite d’une opération contre les clients de prostituées mineures. 

Une agente d’infiltration avait alors mis en ligne une annonce en se faisant passer pour une jeune. 

En tout, 166 personnes y ont répondu et si la majorité s’est rétractée quand la « prostituée » a dit avoir 16 ans, sept personnes se sont tout de même déplacées à l’hôtel, dont Bernard, qui a même tenté de la convaincre que tout était légal.

« Si tes parents voient ces messages, je ne veux pas avoir des problèmes », a dit Bernard en lui donnant 40 $ et une carte-cadeau Subway de 25 $.

Une Dépendance, dit le coupable

Il s’est fait arrêter sur-le-champ, et face à la preuve accablante il a plaidé coupable d’avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure moyennant rétribution. 

Mais du même coup, il a demandé de ne pas avoir de casier judiciaire pour garder son emploi de consultant financier. Il a ensuite expliqué être passé à l’acte, car sa femme avait refusé ses avances ce matin-là, et parce qu’il a une dépendance à la pornographie.

« Cette prétendue dépendance a beau avoir le dos large, il reste que les consommateurs ont une responsabilité dans leur conduite dans le monde réel », a rétorqué le juge. 

Rappelant les ravages que cause la prostitution juvénile sur les victimes, le juge a donc imposé à Bernard une sentence de six mois de prison, suivie d’une probation de deux ans et d’une inscription au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.


♦ Les policiers effectuent régulièrement ce genre d’opérations partout au Québec et elles sont si bien menées qu’il est extrêmement rare qu’un accusé s’en sorte.

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