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Passeport vaccinal exigé: les quincailliers en plein outillage à coup de «centaines de milliers de dollars»

Le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction, Richard Darveau.

Photo Agence QMI, Pierre-Paul Poulin

Le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction, Richard Darveau.

Tout en refusant de s’admettre vaincus, les grands centres de rénovation de la province se préparent, faute de mieux, à exiger le passeport vaccinal à compter de lundi. Une obligation qui ne se fera pas sans heurts.

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«Ce sont des grosses dépenses, confie le directeur du marketing de Canac, Patrick Delisle. On vient d’acheter une centaine de cellulaires. [...] Nous avons mis des agents de Garda dans nos 31 magasins. Essayer de deviner la facture? Nous sommes dans les centaines de milliers de dollars.» 

Comme tous les grands détaillants (Walmart, Costco, Simons, etc.), les quincailliers Canac seront tenus d’imposer l’obligation vaccinale à leur clientèle, ce que déplore le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau.

«Nous ne savons toujours pas de quelle manière les règles seront appliquées. À trois jours de son application, personne n’a encore vu le décret qui doit être adopté. Mais on n’a pas le choix, dit-il, amer. C’est le gouvernement qui décide.»

De fait, malgré la pression exercée depuis la semaine dernière, le gouvernement Legault a toujours l’intention d’aller de l’avant avec l’imposition du passeport vaccinal dans les magasins de 1500 mètres carrés (ou 16 000 pi2) et plus. Hier soir, le cadre d’application de cette nouvelle mesure était toujours en rédaction.

Québec tout de même à l’écoute

En conférence de presse, le premier ministre a dit entendre les demandes de ceux qui, comme les grands détaillants, souhaitent un relâchement des mesures. 

«On ne peut pas se permettre d’assouplir davantage, a tenté de justifier François Legault. [...] La Santé publique nous dit qu’il y aurait un risque réel de hausse des contaminations et d’hospitalisation ; ce qu’on ne peut pas faire».

Un des outils mis à la disposition des détaillants par l’AQMAT.

Capture d’écran tirée du site web

Un des outils mis à la disposition des détaillants par l’AQMAT.

Des explications que l’on peine à accepter chez Canac, où on espérait que Québec revoit sa position pour ajouter les quincailliers parmi les commerces jugés essentiels.

«C’est évident que nous sommes déçus, affirme Patrick Delisle. Nous étions considérés comme un service essentiel au début de la pandémie et avec raison. [...] On considère que c’est discriminatoire pour nos clients. On va dire non à des clients pour un dégât d’eau parce qu’ils ne sont pas vaccinés ? Nous ne voulons pas être dans cette position. Ce n’est pas notre rôle». 

Des affiches et deux requêtes 

En attendant, le regroupement des quincailliers a créé deux modèles de pancartes que leurs membres pourront afficher pour éclairer leur clientèle sur la nécessité ou non de présenter leur passeport vaccinal.

«Les clients sont mêlés et on les comprend. Comment voulez-vous qu’ils sachent si leur marchand fait plus ou moins que 16 000 pi2 ?, demande Isabelle Champagne, de l’AQMAT. Avec une telle affiche, tout le monde sera mieux outillé pour expliquer ou comprendre la mesure qui s’applique sur place.» 

Par ailleurs, l’association réclame du gouvernement que l’obligation vaccinale ne s’applique pas aux professionnels de la construction. Ces derniers seraient responsables, bon an mal an, de la moitié des 8 milliards de ventes de l’industrie au Québec.

Enfin, si le décret devait tout de même être adopté comme prévu, Richard Darveau souhaiterait que l’exigence vaccinale prenne fin en mars, afin de protéger le printemps (avril à juin) – la saison la plus importante de l’année pour les quincailliers - de toute possibilité de perturbation.

–Avec Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire

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