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Un tueur contrôlant reste en dedans

Daniel Déry a été condamné à 12 ans de pénitencier pour avoir étranglé à mort avec une ceinture sa conjointe Francine Bissonnette (mortaise), 62 ans, le 5 juin 2016. L’homme a demandé sa semi-liberté après cinq ans de détention, ce qui lui a été refusé.

Photos tirées de Facebook

Daniel Déry a été condamné à 12 ans de pénitencier pour avoir étranglé à mort avec une ceinture sa conjointe Francine Bissonnette (mortaise), 62 ans, le 5 juin 2016. L’homme a demandé sa semi-liberté après cinq ans de détention, ce qui lui a été refusé.

Un tueur qui a failli sortir de prison il y a trois mois devra réfléchir encore un peu sur son désir de contrôle qui l’a poussé à battre et étrangler à mort sa conjointe en 2016. 

« N’oublions pas qu’il y a eu perte de vie humaine et que d’autres explosions de colère pourraient avoir de graves conséquences », peut-on lire dans une récente décision de la Commission des libérations conditionnelles (CLCC), refusant à Daniel Déry sa semi-liberté.

L’homme de 65 ans purge présentement une peine de 12 ans de détention pour avoir tué sa conjointe Francine Bissonnette, en juin 2016, à Chambly. 

Il avait plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire en 2018.

Malgré le peu de regrets démontré par le détenu, la CLCC avait consenti en septembre dernier à lui accorder une semi-liberté. 

Mais face à la forte médiatisation de ce privilège, le centre qui devait l’accueillir pour une thérapie de 13 semaines a refusé de prendre le détenu, forçant la CLCC à revenir sur sa décision. 

Narcissique

Déry a récemment tenté à nouveau d’être libéré, et a présenté un nouveau plan de sortie, qui n’a pas impressionné les commissaires Janie Fortin et Jessie Landry-Marquis.

Surtout que le programme thérapeutique proposé était moitié moins long que ce qui était initialement prévu.

Selon elles, ses efforts en détention sont « bien peu pour un individu ayant vécu des problèmes d’adaptation suffisamment importants pour causer la mort ».

Narcissique et contrôlant, l’homme persiste à dire qu’il n’a jamais été « violent physiquement » et dit avoir compris l’importance de bien gérer ses émotions, « que c’est maintenant chose du passé ».

« Ce type d’échange [...] rend la Commission perplexe sur votre compréhension de vos agissements, alors que vous banalisez vos comportements contrôlants et l’usage de paroles blessantes », peut-on lire.

Pensée magique

Les commissaires ont aussi précisé qu’il se trouve « dans le même environnement sécurisant et stable » depuis sa détention, et devrait être transféré au minimum avant de pouvoir sortir.

Daniel Déry a une « certaine pensée magique » à l’effet que tout ira pour le mieux à sa sortie : l’homme se voit même donner des conférences pour venir en aide aux hommes violents. 

Le détenu veut ainsi « aller trop vite et sauter des étapes », alors qu’il n’arrive toujours pas à comprendre comment il en est arrivé à tuer sa conjointe. 

Le dossier de Daniel Déry sera réévalué dans un an. 

« Les commissaires ont mis le doigt sur plusieurs problèmes, il ne parle jamais de sa victime, qu’il regrette. C’est comme si c’est lui la victime », a déploré Geneviève Caumartin, la fille de la victime, qui dit se sentir davantage en sécurité face à cette décision.

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