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Laval: des ados en Centre jeunesse confinés dans des chambres sans fenêtre

Photo d'archives TOMA ICZKOVITS

Des adolescents placés en Centre jeunesse à Laval ont été confinés dans des chambres sans fenêtre pendant 10 jours en raison de la COVID-19 bien qu’ils n’étaient pas infectés par le virus.

La règle, mise en place pour deux semaines, a été écrite spécifiquement pour les centres jeunesse, mais a été aussi appliquée à de jeunes enfants, ont mentionné des travailleurs sociaux. 

Au Centre jeunesse de Notre-Dame-de-Laval, l’établissement dans lequel sa fille habite, les adolescentes sont particulièrement vulnérables et plusieurs vivent avec de sérieux troubles de santé mentale. Malgré leur risque faible d’exposition à la COVID, elles auraient été confinées 24 heures sur 24. La même situation a été observée dans un établissement pour garçons et un autre dédié pour des enfants âgés de six à 12 ans. 

La mère de l’adolescente, Nathalie, déplore que le gouvernement du Québec mette en place ce type de mesures pour la sécurité des enfants. 

«Je l’ai placée là pour la protéger», a-t-elle ajouté alors que sa fille, Sabrina, a passé un total de 18 jours confinée dans sa chambre depuis Noël. 

«Les portes des chambres n’étaient pas barrées, mais elles l’étaient si les adolescentes tentaient de sortir», a expliqué Nathalie. 

Une mesure du gouvernement  

Dans un communiqué, la santé publique de Laval a expliqué que les établissements ne faisaient que respecter les directives du ministère de la Santé. En effet, la directive a été lancée le 30 décembre 2021 alors qu’Omicron frappait la province de plein fouet. Selon cette dernière, le ministère précisait que les jeunes considérés comme étant dans une «zone chaude» devaient être isolés pour une période de 10 jours. Les jeunes asymptomatiques ayant potentiellement été exposés au virus entraient dans la catégorie «zone chaude», était-il précisé. 

Cependant, certains jeunes demeuraient confinés malgré de nombreux tests sortis négatifs. C’est le cas, notamment de Sabrina qui a obtenu quatre résultats négatifs pendant ses 10 jours de confinement. 

Ce sont des travailleurs sociaux qui ont convaincu Québec de faire volte-face le 13 janvier 2022. Ces derniers étaient troublés par ce qu’ils voyaient. 

Rappelons que le Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) possède des règles strictes pour les chambres des enfants placés en famille d’accueil. Ces dernières doivent obligatoirement avoir une fenêtre. 

Des efforts pour diminuer les impacts  

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval a affirmé que le personnel a fait des efforts afin de limiter les impacts de cette mesure sur la santé mentale des jeunes. 

Bien que les jeunes ne pouvaient avoir un téléphone portable ou un ordinateur, ils avaient accès à un lecteur DVD portatif. De plus, des employés se sont proposés pour aller jouer à des jeux de sociaux dans les chambres munis d’un ensemble de protection complète. 

Le plus troublant, pour Nathalie, était l’absence de fenêtre. La mère a ajouté qu'à la suite de ces évènements, les progrès qu’avait faits sa fille ont disparu. 

Selon Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé, la nouvelle directive «prend en considération les avantages de prévenir le déconditionnement psychosocial des jeunes par rapport aux conséquences possibles d’être infecté par la COVID-19» 

«Avec le retour en classe, les jeunes vivant dans la même unité seront désormais considérés comme une bulle résidentielle», a par ailleurs mentionné le CISSS de Laval dans un communiqué.

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