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Racisme: «Assez, c'est assez» - Bokondji Imama

PHOTO COURTOISIE / ROADRUNNERS DE TUCSON

S’il est aberrant de retrouver du racisme au hockey en 2022, tel un reflet de la société, la suspension exemplaire de 30 matchs imposée par la Ligue américaine pour un geste raciste posé à l’endroit du Montréalais Bokondji Imama représente assurément un pas dans la bonne direction.

«C’est un grand pas vers l'avant, juge lui-même l’ancien hockeyeur Georges Laraque, dans une entrevue accordée à l’Agence QMI, samedi. Enfin, une ligue donne 30 matchs, c'est un nouveau standard qui est établi et ça viendra faire réfléchir les autres ligues professionnelles.» 

Laraque, 45 ans, n’a pas tardé à montrer son appui à la réaction publiée par Imama sur les réseaux sociaux.

«Mon souhait est que les gens vont apprendre de ça et qu’un jour, le hockey sera vraiment pour tout le monde», avait notamment réagi le jeune joueur des Roadrunners de Tucson, vendredi soir.

«Bien dit mon frère», a noté Laraque, via son compte Twitter.

«Ce qui est bien avec la réaction d'Imama, c'est qu'elle donne de l'espoir et est somme toute positive en raison de la longueur de la suspension, a élaboré l’ancien joueur des Oilers d’Edmonton, qui a aussi évolué avec le Canadien de Montréal entre 2008 et 2010. Avec les 30 matchs, il y a moins de frustration. On ressent davantage une forme de justice et on force les gens au respect.»

Un message fort

Les dirigeants de la Ligue américaine ont en effet lancé un message fort en punissant sévèrement le Tchèque Krystof Hrabik, du Barracuda de San Jose. Son geste, qui n’a pas été précisé, avait été commis lors d’un match disputé le 12 janvier.

«La LAH soutient Boko Imama. Il est injuste qu’un joueur puisse être l’objet de commentaires ou des gestes en fonction de son ethnicité», a souligné le circuit, au moment d’annoncer la suspension.

«Assez, c’est assez», a approuvé Imama, un ancien du Drakkar de Baie-Comeau et des Sea Dogs de Saint John, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Pas plus tard qu’en octobre dernier, la Ligue de hockey ukrainienne (UHL) s’était plutôt couverte de ridicule quand un geste du hockeyeur Andriy Deniskin à l’endroit de l'Afro-Américain Jalen Smereck avait valu une simple suspension de trois matchs ainsi que 10 rencontres supplémentaires qui ne devaient pas s’appliquer en acceptant une amende d’environ 2500 $.

«Une disgrâce», avait alors qualifié l’attaquant des Panthers de la Floride Anthony Duclair, également l’un des membres fondateurs de l’Alliance pour la diversité dans le hockey (Hockey Diversity Alliance [HDA]).

Une époque révolue?

Cette fois, la décision prise par la Ligue américaine est beaucoup plus sérieuse.

«À une époque, il n’y en avait juste pas de suspensions pour des commentaires ou des gestes racistes», a ajouté Laraque, qui dit en avoir surtout été victime plus jeune, bien avant son arrivée dans la LNH.

Certes, il se souvient d’un incident avec la peste Sean Avery, mais les arbitres n’avaient pas entendu les propos du joueur à l’endroit de Laraque...

«Ça existe moins qu’avant dans la Ligue nationale, a estimé l’ancien hockeyeur. Et avec un tel exemple donnant 30 matchs de suspension, les joueurs vont y penser à deux fois.»

Hrabik, qui a publié une lettre d’excuses, a déjà purgé les trois premiers matchs de sa suspension. À moins d’une réduction de sa peine, qui lui permettrait de revenir à compter du 12 mars selon l’évaluation du comité d’inclusion, il ne pourra revenir au jeu avec le Barracuda avant le début du mois d’avril. Vendredi, il avait dit accepter la sentence et qu’il ne la porterait pas en appel.

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