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RRQ: le vrai portrait des retraités bénéficiaires

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est la fête, mais chaque nouvelle fournée de statistiques sur les cotisants et les bénéficiaires du Régime de rentes du Québec (RRQ) me procure un petit plaisir.

Ces données montrent l’évolution de la population retraitée, elles soulignent quelques disparités persistantes et, malheureusement, elles nous rappellent combien on ne profite pas du plein potentiel de ce régime. 

J’ai relevé quelques faits saillants, accompagnés de commentaires.

Une population vieillissante

En 2000, 936 000 Québécois touchaient une rente de retraite du RRQ. L’âge moyen du bénéficiaire était de 71,4 ans. Toujours en moyenne, les rentiers profitaient alors du régime depuis 8,6 années.

Vingt ans plus tard, le nombre de bénéficiaires a plus que doublé, passant à 1 971 000 en 2020. L’âge moyen du rentier a monté à 72,8 ans et il reçoit sa prestation depuis 11,3 ans.

En 2000, on comptait un peu plus de 64 000 nouveaux bénéficiaires. En 2020, c’était 95 000. La plus grosse cohorte remonte à 2014, avec près de 134 000 nouveaux prestataires du RRQ.

Plus de bénéficiaires cotisent encore

On constate que de plus en plus de Québécois reçoivent leur rente tout en poursuivant leurs cotisations au régime. Autrement dit : des bénéficiaires continuent de travailler ou sont retournés sur le marché du travail après avoir commencé à toucher leur prestation du RRQ.

En 2004, ils étaient plus de 96 000. En 2018, on comptait près de 333 000 dans cette situation.

L’écart homme-femme se rétrécit

Cette statistique reflète surtout l’inflation. La rente mensuelle moyenne est passée de 371 dollars à 535 dollars entre 2000 et 2020.

Ça devient intéressant lorsqu’on observe l’écart entre les femmes et les hommes. En 2000, la rente moyenne des femmes (271 $) représentait 58 % de la prestation moyenne des hommes (463 $). En 2020, le fossé s’est rétréci, les femmes retraitées recevant l’équivalent de 72 % (451 $) du revenu des rentiers masculins (626 $).

Il reste du chemin à faire, et la différence n’est pas à la veille d’être comblée. En 2018, les hommes restaient largement plus nombreux que les femmes à cotiser le maximum au régime. Cette année-là, 36 % des travailleurs contribuaient à hauteur du maximum des gains admissibles (MGA), contre 24 % des travailleuses.

Cette inégalité se manifeste dès les premières années. Toujours en 2018, chez les 18-34 ans, 21,2 % des hommes touchaient le plafond, contre 11,9 % des femmes.

Petite consolation : comme l’espé-rance de vie des femmes est plus élevée, elles reçoivent au cours de leur retraite plus d’argent pour chaque dollar cotisé que les hommes.

La rente demandée trop tôt

Cette statistique reste accablante. Malgré les avantages financiers indéniables à repousser le plus tard possible sa demande de RRQ, un nombre important de personnes admissibles le font au contraire aussitôt qu’elles le peuvent.

En 2020, parmi les 95 000 nouveaux bénéficiaires du RRQ, plus de 53 000 avaient 60 ans. Ç’a déjà été pire, remarquez. En 2014, ils étaient presque 80 000 à toucher le RRQ dès 60 ans, un sommet. Et ça diminue depuis. Un signe que le message commence à passer.

N’empêche, l’âge moyen des nouveaux rentiers de 2020 est de 61,9 ans, le même qu’il y a deux décennies.

De ce nombre, beaucoup n’ont pas le choix, ils ont besoin de ce revenu pour boucler leurs fins de mois. Cependant, 22 % des nouveaux bénéficiaires de 60 ans avaient droit à 90 % ou plus de la rente maximale. Je doute qu’ils fassent partie des moins nantis.

Prise à partir de 60 ans, la prestation du RRQ est réduite de 36 % pour la vie. Sur la durée de la retraite, on encaissera plus d’argent du régime en repoussant la demande de la rente à plus tard.

On doit cesser de se raconter des histoires, c’est mathématique. 

Variations selon les régions

Dans quelle région les prestataires touchent-ils les montants de RRQ les plus élevés ? En Montérégie, avec des revenus mensuels moyens de 570,62 $. Elle est suivie par les régions de l’Outaouais (569,26 $) et de la Capitale--Nationale (563,64 $). Les rentes sont les plus faibles en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (440,93 $), dans le Bas-Saint-Laurent (488,75 $) et en Mauricie (497,38 $).

Des milliards de dollars

Le Régime de rentes du Québec a versé des prestations totalisant plus de 15,5 milliards de dollars en 2020. 

Cette somme inclut les rentes de retraite, les rentes de conjoint survivant, les rentes d’orphelin, les prestations de décès, les rentes d’invalidité et les rentes d’enfants de personnes invalides.

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