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Covax ouvre une nouvelle ligne de front pour mettre à genoux la pandémie

Le système Covax, qui approvisionne les pays pauvres en vaccins anti-COVID, a l’ambition de mettre la pandémie à genoux en 2022 en s’assurant que les doses seront non seulement livrées mais aussi distribuées et injectées.

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Covax a été créé avant même l’apparition des vaccins anti-COVID, par l’OMS, l’Alliance du vaccin (Gavi), l’Unicef et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi).

Son but : assurer une distribution équitable des sérums. Il a livré sa milliardième dose mi-janvier. A la fois un exploit et une déception: c’est beaucoup moins que ce qui était initialement prévu.

« En 2022, nous pouvons aider à stopper le COVID en adaptant notre façon de faire, en nous assurant que les doses sont utilisées rapidement, injectées de façon sûre et répondent aux préférences des pays et à leurs objectifs de couverture », a déclaré Seth Berkley, le responsable de l’Alliance du vaccin lors d’un appel aux dons lancé le 19 janvier.

Nouvelle stratégie

Covax a connu son lot de malheurs, victime entre autres de la stratégie des pays riches qui se sont accaparés le plus de doses possibles, mais aussi d’une longue interdiction d’exportation de l’Inde, où se trouvait sa principale source d’approvisionnement.

Il a donc fallu compter sur les dons de vaccins par les pays riches, mais cela comportait aussi des difficultés notamment à cause de doses trop proches de la date de péremption, de livraisons en trop faible quantité ou trop erratiques pour permettre de mettre en place des campagnes vaccinales efficaces.

Pour cette année, Covax a besoin de 5,2 milliards de dollars dans les trois mois pour financer les doses de sérum pour 2022.

Il faut 3,7 milliards de dollars pour financer une réserve de 600 millions de doses, qui doit permettre d’assurer un approvisionnement sans accrocs.

Un autre milliard de dollars est destiné à aider les pays pauvres à se préparer et à distribuer les vaccins pour éviter le gâchis.

Enfin, 545 millions de dollars doivent servir à couvrir les coûts comme le transport, des seringues ou les assurances.

« Ce que nous n’avons pas aujourd’hui ce sont les ressources nécessaires pour aider les pays à s’adapter aux nouveaux défis que le COVID-19 va créer en 2022 », a expliqué M. Berkley, pensant notamment à l’arrivée de nouveaux vaccins adaptés aux nouveaux variants.

« Dans ce cas nous pourrions bien nous retrouver avec l’inéquité 2.0 », met-il en garde.

Sur les rails

Covax, qui estime pouvoir sauver un million de vies cette année et diviser de moitié le coût économique de la pandémie dans certain pays, indique avoir accès à assez de doses pour vacciner environ 45% de la population des 91 pays qui bénéficient des dons de vaccins.

Mais l’objectif de l’OMS d’ici juillet 2022 est que 70% de la population de chaque pays soit vaccinée. Un objectif ambitieux, quand 85% de la population en Afrique n’a même pas reçu une dose de sérum anti-COVID.

Au rythme actuel, 109 pays vont manquer l’objectif, selon l’OMS.

Seth Berkley espère que le prochain milliard de doses sera livré en quatre ou cinq mois plutôt que l’année qu’il a fallu pour le premier.

Des doses pour tous

Richard Hatchett, directeur général de Cepi, souligne que l’objectif est aussi d’aider les pays qui en ont besoin à organiser des campagnes de vaccination de masse.

« Le dernier kilomètre (entre livraison et injection, Ndlr) sera le défi majeur pour 2022 », a-t-il expliqué lors d’une table ronde du Forum économique mondial.

Jusqu’à 25 pays devraient avoir besoin d’aide dans ce domaine.

Au total, 9,8 milliards de doses ont été injectées depuis un peu plus d’un an et Covax compte pour 82% dans les pays pauvres.

Le Bangladesh (130 millions de doses), l’Indonésie (87 millions), le Pakistan (77 millions) et les Philippines (66 millions de doses) sont en tête de la liste des récipiendaires.

Pour M. Hatchett, les capacités de production permettent désormais d’aider les pays les plus démunis à transformer ces doses en vaccinations.

Que ce soit une vaccination initiale ou un rappel, offrir une injection à qui le souhaite « est un objectif atteignable en 2022 », insiste-t-il.

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