/news/society

Deux fois plus de cannabis au volant depuis la légalisation?

Photo d'archives

Le nombre de Canadiens qui osent prendre la route après avoir consommé du cannabis a vraisemblablement doublé depuis la légalisation de la marijuana en 2018, laisse entrevoir des données amassées par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs se sont intéressés aux échantillons sanguins prélevés entre 2013 et 2020 sur 4339 conducteurs qui se sont retrouvés dans des centres de traumatologie de la Colombie-Britannique, à la suite d’un accident de la route.

Les chercheurs ont découvert que le pourcentage d’automobilistes accidentés qui conduisaient avec un taux de THC supérieur à la limite légale de 2 nanogrammes par ml de sang est passé de 3,8 %, avant la légalisation, à 8,6 % après l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis.

Aussi, 3,5 % des conducteurs hospitalisés après un accident depuis la légalisation affichaient un taux de THC de plus de 5 nanogrammes/ml, contre 1,1 % à l’époque où consommer du cannabis était criminel.

«C’est préoccupant de voir une augmentation aussi dramatique. Il y a de grands risques associés au fait de conduire après avoir consommé du cannabis», s’est inquiété par communiqué le Dr Jeffrey Brubacher, professeur associé au département de médecine d’urgence de UBC et auteur principal de l’étude.

La hausse du nombre de conducteurs intoxiqués au cannabis touchait principalement les hommes et les gens de plus de 50 ans, ont noté les chercheurs. En parallèle, la prévalence de l’alcool au volant ne semble pas avoir varié.

Le Dr Brubacher juge que les lois ne sont pas assez sévères pour prévenir la conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis.

«Nous espérons que les décideurs utiliseront nos découvertes pour élaborer des campagnes de sensibilisation et des mesures afin d’encourager les conducteurs, spécialement les plus vieux, à délaisser le cannabis au volant», a-t-il fait valoir.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans le «New England Journal of Medecine» en janvier. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.