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Huit ans après la tragédie de l'Isle-verte, qu'est-ce qui a changé?

Huit ans plus tard, la résidence du Havre continue de se remettre tranquillement de la tragédie de l'Isle-Verte qui avait fait 32 victimes.

Que reste-t-il des recommandations du coroner Cyrille Delâge pour éviter qu'une telle tragédie se reproduise?

«Toute la question de la prévention est devenue un mot-clé qu'il faut appliquer au quotidien», explique Gervais Darisse, président de la fédération des OSBL d’habitation du bas St-Laurent.

Les normes sont plus strictes dans les résidences pour aînés. Pratiquement le double, soit 60% des résidences, sont maintenant dotées de gicleurs. Sans parler des exercices d'évacuation et des simulations, beaucoup plus fréquents pour le personnel.

«On imagine que l'alarme part. Qu'est-ce que tu fais? Et on met le chronomètre et il faut que ça roule», dit-il.

Cependant, il reste encore des améliorations à faire selon lui.

«Ils n’ont pas interdit les cigarettes. Fumage dans les appartements, ce n'est pas interdit. Je trouve ça inacceptable», souligne M. Darisse.

Les services d’incendie se sont nettement améliorés depuis 2014. La clause grand-père n’existe plus et les casernes ont de meilleurs équipements.

«Depuis l'intervention du Havre en 2014, disons que les services incendie ont évolué à vitesse grand V», mentionne Robin Laplante directeur du service de sécurité de KamEst.

«Les renforts sont appelés automatiquement, lors d'une intervention à haut risque. Les délais avant de prêter main-forte à de petites municipalités éloignées demeurent tout de même un enjeu», ajoute M. Laplante.

À la suite des événements, le coroner avait prôné un regroupement des services d'incendie, notamment pour créer une meilleure force de frappe. À ce sujet, Jean Melançon, coprésident de l'Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ) déclare: «il reste encore du chemin à faire. Si on se rappelle, au début des années 2000, on avait à peu près 960 services d'incendie au Québec. Actuellement, on en a 139.»

Dans la population de l'Isle-Verte, même si la tragédie fera toujours partie de la mémoire collective, on semble avoir tourné la page. «On est rendus ailleurs dans notre tête. On est des gens résilients. Mais on a hâte de voir une belle bâtisse, avec un terrain aménagé et surtout de la place pour garder nos aînés dans notre municipalité», soutient Ginette Caron, la mairesse de la localité. 

Voyez le reportage complet dans la vidéo ci-dessus.

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