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Les «chiens COVID», un fléau pour plusieurs propriétaires

Les adoptions de chiens ont considérablement augmenté au Québec durant la pandémie, mais également les problèmes de comportement de ces compagnons, surnommés «chiens COVID», qui sont maintenant source de préoccupation.

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Le télétravail a incité beaucoup de personnes à adopter un chien. Le rêve. Quoi de mieux que d’être à la maison avec son animal de compagnie qui apporte tant de réconfort! Pourtant, le désenchantement a vite pointé le bout de son nez avec le retour au bureau qui avait été amorcé avant l’apparition du variant Omicron.

«Si on ne fait rien en télétravail, le chien développe un attachement 24 sur 7. C’est sa normalité. Si on disparaît, c’est anormal. Cela peut créer un sentiment de panique. Destruction, élimination, vocalisation sont les trois grands symptômes», explique l’éducateur canin Jean Lessard, cofondateur et président du Regroupement québécois des intervenants en éducation canine (RQIEC).

M. Lessard souligne qu’il n’a pas eu de demandes des nouveaux propriétaires de chiens sur le plan préventif durant la première vague. «Ils attendent de voir si leur animal va avoir des problèmes avant de consulter un éducateur canin. C’est un peu comme avec notre médecine, on attend d’être malade avant d’aller voir le médecin», ajoute-t-il.

Apprendre à son chien à rester seul

De son côté, Mylène Quervel-Chaumette, docteure en sciences cognitives et comportementales et consultante en éthologie appliquée à la médiation animale, rappelle que les chiens sont des êtres vivants doués de sensibilité. «Ils font des apprentissages tout au long de leur vie, dit-elle. Du jour au lendemain, leur routine est modifiée. Il y a des individus qui vont être plus sensibles à ce changement que d’autres. Il faut vraiment les préparer et ne pas être 24 heures sur 24 collé à son chien.»

Jean Lessard encourage les propriétaires à «laisser leur chien progressivement seul», ce qui n’a pas été nécessairement le cas à l’automne dernier. Même constat pour Michèle Levert, intervenante en éducation canine et comportement canin chez Mimi-Griotte. «Les chiens aiment ce qui est prévisible. Ils sont ainsi davantage capables de gérer leur stress. Prenez une routine avec votre chien, mais pas une routine d’horaire, une routine contextuelle que vous appliquez à la maison.»

Selon les experts, tous les propriétaires peuvent mettre en place des actions simples. «Habituez votre chien à ne pas venir dans votre bureau, indique Michèle Levert. Si vous le laissez rentrer tout le temps et lui permettez de jouer avec vous à chaque sollicitation, c’est fichu! Apprenez-lui à être seul et à s’occuper tout seul.» Mme Levert ajoute qu’il faut y aller «par étape» et «fatiguer son chien avec des activités masticatoires et intellectuelles».

Afin d’améliorer leur bien-être, Mme Quervel-Chaumette conseille en outre aux propriétaires d’ignorer un peu plus leur animal pour qu’il devienne autonome, étant donné que «le chien s’habitue vite à avoir une présence». En cas de comportements inhabituels graves, elle recommande de demander l’aide d’un professionnel.

La directrice du volet canin chez Les Chiens Togo, Providence Godon, a aussi observé le phénomène des «chiens COVID».

Pendant la socialisation, «le chien va construire son cerveau et il y a des émotions qui vont être associées dans certains contextes», a-t-elle expliqué dimanche en entrevue à LCN.

La période la plus importante pour la socialisation du chien, selon Mme Godon, est avant 16 semaines.

«C’est un moment où c’est important de faire des associations positives, donc ce que ça veut dire, c’est utiliser le jeu, utiliser les friandises avec le chiot, être bien au courant du langage canin pour pouvoir travailler à son rythme», a-t-elle indiqué.

Il est important de développer, par la socialisation, la capacité d’adaptation du chien afin qu’il soit équilibré.

Mais, «comme ce côté-là est plus difficile dû à l’isolement, c’est une portion qui fait qu’il peut y avoir un manque», a dit Mme Godon.

**Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.**

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