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Quatre options pour contrer l’inflation

Une installation pétrolière à Stoughton, en Saskatchewan, en 2019.

Photo d’archives

Une installation pétrolière à Stoughton, en Saskatchewan, en 2019.

Nourriture, essence, logement, transport... les prix de tous les produits et services ont augmenté en décembre relançant le débat sur le rôle du gouvernement dans la lutte contre l’inflation.

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Les conservateurs ne cessent de blâmer Justin Trudeau et demandent un plan pour aider les familles, alors que les libéraux repoussent le problème dans la cour de la Banque qui contrôle les intérêts, principale arme pour contrer l’inflation. 

Ils misent sur des places en garderie et des logements abordables pour aider les familles. Mais d’autres options existent. Tour d’horizon.

Pétrole stratégique

En novembre, les États-Unis et d’autres pays, dont la Chine, l’Inde et le Japon, se sont entendus pour libérer une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole dans le but de faire baisser le prix de l’or noir, un des moteurs clefs de l’inflation mondiale.

Le Canada n’a pas participé à cette initiative, car bien qu’il possède la troisième réserve prouvée de pétrole au monde, il n’a pas de réserve stratégique dans laquelle il peut puiser en cas de nécessité nationale.

Dès 2018, le Parkland Institute de l’Université d’Alberta avait appelé le fédéral à remédier à cette situation pour réduire la vulnérabilité des Canadiens aux chocs pétroliers internationaux.

Favoriser la concurrence

En campagne électorale, le Parti conservateur a dit vouloir s’attaquer à la hausse des prix en augmentant la concurrence. Il proposait notamment un code de conduite sévère visant à protéger les fournisseurs et à encourager la concurrence entre les épiceries. Il voulait aussi rejeter les fusions pour empêcher les grandes entreprises de dominer des secteurs et de gonfler les coûts.

C’est une avenue que tente d’emprunter l’administration Biden, aux États-Unis. Le président démocrate veut par exemple rétablir la concurrence dans le secteur de la viande, dominé par quatre grandes entreprises qui contrôlent 85 % du marché américain.

Au Québec, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, souhaite que les gros joueurs de l’industrie du poulet fassent de la place aux plus petits. À l’heure actuelle, plus de 96 % des quotas d’abattage de poulets sont concentrés entre les mains d’Exceldor et d’Olymel.

Doper la production

« Les augmentations les plus exorbitantes ne sont pas pour les produits qu’on achète à l’étranger. C’est pour des produits que nous avons ici au Canada », s’est inquiété cette semaine le conservateur Pierre Poilièvre.

Il dénonçait ainsi l’argument du gouvernement qui plaide que l’inflation est principalement le résultat de perturbations dans la chaîne d’approvisionnement internationale.

M. Dibb indique que l’État peut jouer un rôle concret pour augmenter l’offre de produits nationaux en soutenant davantage les entreprises. « Peut-être que les compagnies n’ont pas le capital humain et financier pour augmenter la production, peut-être que les taxes à l’importation de matières premières sont trop restrictives », illustre-t-il, appelant à analyser tous les maillons de la chaîne de production afin d’agir sur les failles.

Soutenir les moins nantis

George Dibb, du Centre pour la justice économique (IPPR), un groupe de réflexion indépendant basé à Londres, en Angleterre, met en garde contre le retrait trop rapide d’aides pandémiques aux plus démunis, comme ce qu’a fait l’Angleterre à tort, selon lui. Il souligne que bien que le marché de l’emploi se soit rétabli, les moins nantis sont maintenant confrontés à la hausse des prix et ont donc encore besoin de soutien.

Dans cette optique, le Nouveau Parti démocratique s’est opposé au projet de loi C-2 sur les aides pandémiques, car il souhaitait le maintien d’une prestation universelle comme la PCU ou la PCRE. Mais l’économiste britannique plaide plutôt pour des aides ciblées pour ceux qui en ont le plus besoin. C’est la stratégie qu’a adoptée la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

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