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Le fondateur d'Avi-Life Lab clame son innocence

Le Montréalais Reza Sarhangpour Kafrani est accusé d’avoir enfreint une loi américaine sur le commerce international.

Capture d'écran tirée de Facebbok

Le Montréalais Reza Sarhangpour Kafrani est accusé d’avoir enfreint une loi américaine sur le commerce international.

Accusé aux États-Unis d’avoir exporté illégalement en Iran, en 2016, des machines pouvant servir à fabriquer des armes nucléaires, l’homme d’affaires montréalais Reza Sarhangpour Kafrani clame son innocence. 

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« Il n’y a pas de preuve... il n’y a pas de documents [qui prouvent] que j’ai fait une entente avec l’Iran », affirme Reza Sarhangpour Kafrani en entrevue avec Le Journal.  

Selon lui, il n’a rien fait de mal parce qu’il n’a que revendu du matériel qui ne convenait pas à ses besoins. 

« Ce matériel en particulier est très commun pour les tests en laboratoires », explique-t-il. Les spectromètres de masse achetés aux États-Unis à l’automne 2016 servent à tester les concentrations de minéraux dans l’eau et la nourriture, selon lui.  

Le gouvernement américain lui reproche toutefois d’avoir envoyé en Iran de l’équipement contrôlé, sans les permis nécessaires, puisqu’il peut servir aussi à déterminer le niveau d’enrichissement de l’uranium. 

« Je poursuivrai le gouvernement plus tard, je n’ai rien fait de mal. Tout ça, ces déclarations, c’est n’importe quoi », dit M. Kafrani. 

Selon la poursuite, M. Kafrani et un complice auraient acheté et réceptionné ces équipements avant de les envoyer aux Émirats arabes unis et avant que d’autres complices ne les acheminent en Iran.  

Rappelons que M. Kafrani a plaidé non coupable et qu’il est en attente de son procès. Il dit ne pas avoir eu de contact avec son présumé complice, Seyed Reza Mirnezami, depuis cinq ans. 

Non remboursable

Lorsque questionné sur les dates très rapprochées entre la réception du matériel et son envoi aux Émirats arabes unis, M. Kafrani explique qu’« après les avoir assemblés, [les équipements] n’étaient pas corrects. Je les ai vendus à une compagnie aux Émirats ». 

L’agent spécial qui l’a interrogé lors de son arrestation lui a d’ailleurs demandé pourquoi il ne les avait simplement pas retournés aux États-Unis quand il a réalisé que ça ne convenait pas. « L’équipement usagé n’est pas remboursable », avait alors répondu M. Kafrani. Il a payé ces équipements environ 110 000 $ US.  

En entrevue téléphonique, mercredi, M. Kafrani a contesté les chiffres présentés par le syndic MNP dans le cadre de la faillite de sa compagnie Avi-Life Lab. Les documents du syndic montrent qu’elle a environ 4,3 millions $ de dettes.  

Silence radio des autorités 

La Sûreté du Québec, le Service canadien du renseignement de sécurité et la Gendarmerie royale du Canada n’ont pas voulu dire, ces derniers jours, si une enquête avait été ouverte concernant M. Kafrani.  

Chez Affaires mondiales Canada, un responsable a souligné que le ministère était au courant d’informations circulant concernant l’arrestation de M. Kafrani. 

« Les agents consulaires sont prêts à fournir une assistance consulaire et recueillent des renseignements supplémentaires. Pour des raisons de confidentialité, aucune autre information ne peut être divulguée », a indiqué le porte-parole Jason Kung. 

M. Kafrani devrait revenir en cour dans deux mois.   

Reza Sarhangpour Kafrani en bref    

  • Né en Iran  
  • En 2014, il arrive à Montréal   
  • En 2016, il fonde son entreprise Avi-Life Lab   
  • En 2016, il achète les équipements de laboratoire visés par la poursuite   
  • Début juillet 2021, il est Arrêté à la frontière américaine    

Il devrait pouvoir poursuivre ses études à McGill  

Assigné en détention à domicile aux États-Unis, Reza Sarhangpour Kafrani pourra poursuivre son doctorat à l’Université McGill dans l’attente de son procès.

Jeudi, l’avocate de M. Kafrani a demandé à la cour d’autoriser certaines modifications dans les conditions de détention de son client.

Parmi celles-ci, l’accusé souhaitait notamment pouvoir utiliser un ordinateur portable pour avoir accès à sa boîte courriel de McGill ainsi qu’aux sites liés à l’université.  

C’est sous la supervision de son directeur de thèse, Hosahalli S. Ramaswamy, professeur au Département des sciences alimentaires et de chimie agricole à l’Université McGill, qu’il pourra vraisemblablement poursuivre ses études.  

La cour a accepté ces différentes demandes. 

Retard

M. Kafrani expliquait, en entrevue mercredi avec Le Journal, que s’il n’avait pas été arrêté, il aurait normalement soutenu sa thèse en septembre. 

En août, le professeur Ramaswamy avait écrit une lettre à la justice américaine pour confirmer que Reza Sarhangpour Kafrani était bel et bien son étudiant au doctorat depuis 2017. 

Selon cette lettre, M. Kafrani s’intéresse aux allergies alimentaires, particulièrement « la détection et la quantification des allergènes en utilisant des équipements d’analyse sophistiqués ». 

Silence

Ces derniers jours, McGill a opté pour la voie du silence concernant le dossier de M. Kafrani, qui a plaidé non coupable aux accusations d’exportation illégale d’équipement en Iran.

L’Université n’a pas voulu dire si une enquête avait été ouverte à l’interne ou s’il était toujours étudiant.  

« L’Université n’est pas légalement autorisée à partager des informations de nature personnelle », a répondu dans un courriel transmis au Journal la porte-parole de McGill Cynthia Lee. 

Selon des documents déposés en cour, celui qui habite Montréal avec sa famille depuis 2014 avait récolté à l’été dernier neuf crédits sur les 90 nécessaires pour compléter son doctorat.

Il a aussi mis sur pied, ces dernières années, deux compagnies, dont Avi-Life Lab, qui est actuellement en faillite. 

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