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Le meurtre d'une fillette par empoisonnement suscite l'indignation

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photo d'archives | AFP

Le meurtre d'une écolière de 5 ans a provoqué un tollé dans le nord musulman du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, où la Première dame soutient notamment les appels à l'exécution publique du principal suspect.

Hanifa Abubakar a été kidnappée en décembre. Elle a ensuite été empoisonnée avec de la mort-aux-rats puis enterrée dans une fosse peu profonde à Kano, ville tentaculaire du nord du pays, a indiqué la police locale.

Le propriétaire de l'école qu'elle fréquentait, Abdulmalik Mohammed Tanko, a été arrêté et a admis avoir enlevé la fillette pour obtenir une rançon avant de l'empoisonner, selon la même source.

Cet énième drame dans le nord du Nigeria, théâtre d'enlèvements d'enfants, a semé la terreur parmi la population locale. Des parents ont dit avoir peur de renvoyer leurs enfants, terrifiés, à l'école.

Mannir Haruna, marchand de textile à Kano, a expliqué que son fils de huit ans «n'avait pas quitté la maison depuis la découverte du corps en décomposition d'Hanifa et l'arrestation du professeur» et qu'il a désormais «peur de mettre les pieds en dehors de la maison».

Selon la police, M. Tanko a organisé l'enlèvement de la fillette avec l'aide de deux autres personnes pour demander une rançon de 6 millions de nairas (environ 13 000 euros) à son père. Mais quand l'écolière a reconnu le principal suspect, celui-ci l'a forcée à avaler le poison avant d'enterrer son corps.

Mardi, les trois suspects ont été mis en examen pour enlèvement, association de malfaiteurs et homicide, selon le porte-parole de la police de Kano, Abdullahi Haruna Kiyawa.

Aisha Buhari, la femme du président Muhammadu Buhari, a soutenu lundi l'appel d'un célèbre religieux ultraconservateur, le cheikh Abdallah Umar Gadonkaya dit «Malam», à l'exécution publique du suspect pour en faire un exemple.

«Nous soutenons le verdict de Malam», a-t-elle écrit sur son compte Instagram avec le hashtag #JusticeforHanifa (#JusticepourHanifa).

La vice-secrétaire générale de l'ONU Amina Mohammed s'est dite «outrée et profondément indignée» par la mort de la fillette, appelant à ce que «justice soit faite pour Hanifa et toutes les filles qui subissent ces atrocités».

Le nord-ouest du Nigeria est le théâtre de bandes criminelles qui se tournent vers des enlèvements de masse visant les écoliers et étudiants pour obtenir des rançons.

En 2021, près de 1.500 écoliers ont ainsi été kidnappés au cours de 20 enlèvements de masse dans la région qui ont coûté la vie à 16 enfants et adolescents, selon l'Unicef.

La plupart d'entre eux ont été relâchés à la suite de négociations et du versement présumé de rançons.

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