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Mesures sanitaires: un médecin lance un appel à la solidarité aux chefs de partis

Épuisé par la saturation du réseau de la santé, un médecin qui a invité Éric Duhaime à venir passer une journée avec lui à l’hôpital lance un appel à la solidarité aux partis politiques.

«Ce n’est pas de dire si on est d’accord ou pas d’accord [avec les mesures sanitaires]. Tout le monde est tanné des mesures sanitaires. Tout le monde veut sortir de là. C’est une évidence», indique d’emblée Dr Gilles Goulet, cardiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

La semaine dernière, le chef du Parti conservateur du Québec, avait demandé au premier ministre François Legault de mettre fin à toutes les mesures sanitaires en vigueur au Québec, jugeant qu’elles n’avaient pas empêché la crise actuelle.

«Alors que tout le monde tient par un fil, voilà que M. Duhaime sort publiquement et dit ''c’est assez les mesures sanitaires''. Cette sortie nous a fait sentir comme des gens complètement esseulés. Nous nous sentons seuls», déplore Dr Goulet.

M. Duhaime, qui affirme «comprendre son cri du cœur» a refusé l’invitation du Dr Goulet sous prétexte qu’il ne pouvait pas «légalement [le] suivre présentement dans un hôpital québécois».

 

Néanmoins, le cardiologue trouve désolant que les chefs de partis fassent de la politique sur les défaillances du réseau de la santé au moment où les hôpitaux de la province sont pleins à craquer.

«C’est le but de la lettre ouverte que j’ai fait à M. Duhaime, mais j’aurais pu écrire la même lettre à Mme Anglade. Où est Mme Anglade pour supporter les gens de la santé? Où est M. St-Pierre-Plamondon pour nous aider à supporter le réseau de la santé? Où est M. Gabriel Nadeau-Dubois? Silence radio de ces trois autres partis», critique-t-il.

«Le message que je veux apporter aujourd’hui, c’est que nous sommes tannés, vous comme nous. Ici, nous nous sentons seuls et on a besoin, pour les derniers kilomètres qu’il nous reste au marathon, pour les derniers jours, semaines qui nous reste à faire à cette 5e vague, on a besoin de sentir que tout le monde dit la même chose et porte dans la même direction», ajoute-t-il.

S’il estime qu’il doit bien sûr y avoir des discussions sur les besoins pour améliorer le réseau de la santé, Dr Goulet pense que ce n’est pas le temps en ce moment de le faire.

«Quand la maison brûle, ça ne donne rien de se demander si on avait des détecteurs de fumée ou si on avait des gicleurs dans la maison. La maison brûle! Qu’est-ce qu’on fait maintenant pour essayer de sauver le mieux qu’on peut cette institution? Plus tard, quand ça sera passé, là on pourra s’asseoir», dit-il.

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