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Rapport du BIG: des irrégularités dans l’octroi d’un contrat en informatique

Photo d'archives Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

Un rapport du Bureau de l’inspecteur général (BIG) de la Ville de Montréal a mis en évidence des «irrégularités majeures» dans l’octroi d’un contrat à la firme Onix Networking Canada pour l’acquisition d’une «solution infonuagique».

Le rapport, publié lundi, concerne un contrat accordé pour la période de 2018 à 2022 et comportant trois options de renouvellement, chacune de deux ans.

«Les manquements observés au cours de l’enquête du BIG sont tels qu’ils auraient pu faire l’objet d’une résiliation de contrat», y est-il noté.

Dans l’intérêt public et pour éviter de nuire aux opérations, l’inspectrice générale recommande plutôt à la Ville de mettre sur pied un plan d’action pour mettre fin au contrat «le plus rapidement possible».

À l’origine de l’enquête, un dénonciateur indiquait que des employés du Service des technologies de l’information de la Ville favorisaient une entreprise dans le processus d’appel d’offres.

Trois entreprises avaient déposé une soumission, mais seule celle d’Onix, une firme américaine qui possède aussi des bureaux à Montréal, à Ottawa et à Toronto, a été jugée conforme. Le contrat accordé était d’une valeur de 15,9 millions $, et il aurait pu s’élever jusqu’à 35 millions $ avec les options de renouvellement.

«L’enquête du BIG n’a pas permis de conclure à du favoritisme. Elle a permis toutefois de mettre à jour des irrégularités majeures au processus de l’appel d’offres, qui auraient dû entraîner le rejet de la soumission de l’adjudicataire», est-il mentionné dans le rapport.

Des irrégularités

Parmi ces constatations, la soumission d’Onix comporte une «irrégularité majeure» concernant le montant demandé pour les six années d’option, qui ne pouvait être augmenté davantage que l’inflation. L’entreprise indique plutôt que le prix des licences ne sera pas maintenu après les quatre ans du contrat et qu'il dépendra de Google.

«Le prix de la soumission d’Onix n’est pas déterminé ni déterminable», dénonce le rapport à ce propos.

L’entreprise ne satisfaisait pas non plus à l’une des exigences du devis, qui demandait que la solution informatique interdise l’accès à tout utilisateur après un certain nombre de tentatives d’accès non réussies.

La solution G-Suite offrait plutôt des mécanismes alternatifs basés sur l’intelligence artificielle pour déterminer les menaces potentielles.

«Si la Ville avait voulu permettre l’utilisation de tels mécanismes alternatifs ou de nouvelles technologies, elle aurait dû opter explicitement pour un tel libellé», indique le rapport.

Le BIG y voit une «méconnaissance» des membres du comité technique de leur rôle, plutôt que de la mauvaise foi.

Enfin, le BIG reproche au comité technique de ne pas avoir eu «le même niveau de rigueur et de sévérité» à l’égard de tous les soumissionnaires, concernant l’exigence que la solution informatique soit compatible avec différents navigateurs.

«L’enquête révèle que l’évaluation a été rigoureuse pour la solution d’un autre soumissionnaire, mais que la même rigueur n’a pas été appliquée à la solution proposée par Onix», est-il indiqué.

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