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Retour en force des faillites en 2022

Les faillites pourraient effectuer un retour en force en 2022, avec la fin potentielle de toutes les aides financières.

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«Pour bien des raisons qui nous échappent, il y a bien des choses lors de la pandémie qui sont inexplicables. L'une d'entre, c'est une baisse des faillites et de l'insolvabilité, autant personnelle que commerciale», a témoigné Fabien Tremblay, syndic chez Tremblay et Cie, situé à Chicoutimi.

Quand la pandémie a commencé, des syndics prévoyaient une hausse des faillites. Mais ça ne s'est pas produit. Toutefois, après 22 mois de crise sanitaire, les faillites personnelles ont même chuté de 30 à 40%. Le pourcentage pourrait augmenter rapidement.

«Tout le monde dans notre domaine s'attend à ce qu'il y ait un ressac. Un bon. Mais on le prévoyait comme deux mois après le début de la pandémie et là ça fait deux ans», a ajouté M. Tremblay.

Avec la fin d’une majorité des prestations d’aide, les créanciers exigent maintenant le paiement des emprunts.

«Équifax l'a noté, On a vu au troisième trimestre de 2021, une augmentation des dépenses avec les cartes de crédit. Une petite augmentation dans les soldes impayés sur les cartes de crédit. Une grosse augmentation niveau des hypothèques, Il y a quand même une augmentation de 20 % dans les soldes hypothécaires, par rapport à 2019», a indiqué Pierre Fortin, syndic chez Jean Fortin & Associés.

Il est donc important selon ces experts, de ne pas hésiter à demander de l’aide.

«Se faire un budget, c'est toujours bon, mais avec ce qu'on a vécu depuis deux ans, il faut aller un peu plus loin, croit Éric Morin, associé insolvabilité chez Raymond Chabot Grant Thornton. On a rénové nos maisons, acheté des véhicules de loisirs. Il va falloir regarder notre capacité de remboursement pour savoir si elle est là. Il ne faut pas avoir peur de consulter.»

Pour les entreprises, le téléphone des syndics a recommencé à sonner depuis un mois. Il y a des inquiétudes chez des commerçants.

«Il y a plus d'appels de demande de conseil, a noté Éric Morin. Beaucoup de choses qui peuvent être faites aux entreprises avec des prévisions, un plan de redressement. La rentabilité n'est pas nécessairement là depuis deux ans. Ça va être important de recalibrer tout ça.»

«Beaucoup de petites entreprises ont utilisé ce montant comme fonds de roulement. Et maintenant, elles n'ont plus de fonds de roulement. Les 60 000$ sont épuisés et c'est ce qui fait que certains peut-être se découragent», a indiqué Fabien Tremblay.

Pierre Fortin calcule également que certaines PME ont reçu des prêts plus élevés que leur situation financière.

«C'est de l'endettement qu'ils n'auraient peut-être pas eu accès en temps normal. C'est beau, ils ont eu l'argent. Ils ont pu survivre à cela, mais un jour ou l'autre, il va falloir rembourser ces sommes-là et c'est ça qui commence à peser très lourd. Les caractéristiques de la bulle ne sont plus là. Et 2022, ça va être le retour à la réalité. Et pour certains, malheureusement, ça va être une réalité qui va être assez brusque.»

À cela, il faut ajouter, selon lui, l'inflation qui va compter dans le budget des familles. Surtout lorsqu'elle touche des points majeurs dans leurs finances comme l'essence et la nourriture.

«La nourriture, c'est le troisième poste budgétaire dans le budget des familles. Le transport c'est le deuxième. Donc, ce sont de gros postes budgétaires. Et si les taux d'intérêt commencent à augmenter...»

C’est ce que certains analystes prévoient également.

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