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Enquête après la mise en vente d'une radiographie d'une rescapée du Bataclan

Une enquête pour «violation du secret professionnel» a été ouverte à Paris après la tentative par un chirurgien français de vendre aux enchères une radio d'une rescapée de l'attaque jihadiste contre le Bataclan, à Paris en 2015, a indiqué le parquet de Paris mardi à l'AFP.

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Selon le site d'information Mediapart, Emmanuel Masmejean, chirurgien orthopédiste réputé, a mis aux enchères sur OpenSea, un site spécialisé dans la vente d'objets numériques NFT, la radiographie d'une rescapée de la salle de concert qu'il avait opérée, sur laquelle on voit un avant-bras transpercé par une balle de kalachnikov. La radio était mise en vente pour la somme de 2 776 dollars.

Le chirurgien a reconnu les faits auprès de Mediapart, expliquant l'avoir fait «dans une vocation pédagogique» et a retiré depuis l'offre. Assurant «s'être posé la question d'un point de vue éthique», il a reconnu «l'erreur» de ne pas avoir demandé l'autorisation à la patiente opérée.

En-dessous du cliché, il précisait que «cette jeune patiente, qui a perdu son petit ami dans cette attaque, avait une fracture ouverte de l'avant-bras gauche avec une balle restante de Kalachnikov dans les tissus mous».

La rescapée du Bataclan s'est dite «extrêmement choquée» par la «démarche mercantile» et le «mépris» du médecin, a fait savoir lundi son avocate dans un communiqué.

«Ce médecin, non content de violer le secret médical de cette patiente, a jugé bon de décrire sur le site de vente en ligne la vie privée de cette jeune femme, la rendant ainsi parfaitement identifiable», a écrit Me Elodie Abraham au sujet de sa cliente, qui souhaite garder l'anonymat.

Il ne «semble pas avoir pris la mesure de son acte puisqu'il n'a pas hésité à prendre contact dimanche avec la victime, pour se justifier sans manifester le moindre regret ni la moindre empathie à son égard», a-t-elle souligné.

C'est «une erreur grossière que je regrette amèrement», a déclaré lundi le médecin sur son compte Twitter. «Je me rends compte que je me suis totalement égaré dans une démarche inepte et déplacée qui a légitimement offensé ceux que j'avais eu l'honneur de soigner: les victimes d'attentats».

Il a précisé avoir détruit «l'oeuvre en question» et assuré n'en avoir «retiré aucun profit».

Adressant ses excuses «à celles et ceux qui ont été légitimement heurtés et tout particulièrement aux patients rescapés des attentats du 13-Novembre», le médecin a indiqué ne «pouvoir continuer à servir» au sein du service public hospitalier.

Le patron de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, avait dès dimanche annoncé que son institution saisirait la justice, en dénonçant un «acte scandaleux».

Ouvert en septembre, le procès des attentats jihadistes qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 doit se prolonger jusqu'en mai.

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