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Les chauffeurs d'autobus de Saguenay auraient le droit de faire la grève

Le gouvernement Legault a reconnu le caractère essentiel des activités de la Société de transport du Saguenay (STS) dès le début de la pandémie de COVID-19, comme il l'a fait avec l'ensemble des sociétés de transport de la province.

Mais dans une décision rendue en décembre dernier, le tribunal administratif du travail déclare que la STS ne serait pas assujettie à l'obligation de maintenir des services essentiels si ses travailleurs syndiqués déclenchaient une grève.

Il s'agit d'un non-sens pour plusieurs personnes, dont le président du conseil d'administration de la STS.

«Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce jugement-là, a indiqué Jean-Marc Crevier. On est encore en pandémie. Si on ne l'était plus, je pourrais peut-être comprendre, mais on est encore en temps de pandémie et ce qu'on est en train de nous dire, c'est que ce qui risque de changer ça, c'est un conflit de travail. Ça n'a pas de sens!»

Dans sa décision, le tribunal précise que la situation à Saguenay n'est pas comparable à celles de Trois-Rivières et de Sherbrooke où les sociétés de transports sont assujetties à l'obligation de fournir des services essentiels en cas de grève.

La différence, c’est que dans ces villes, ce sont les mêmes chauffeurs syndiqués qui sont chargés du transport adapté, alors qu'à Saguenay, ce sont des sous-traitants qui fournissent ce service.

Le tribunal conclut donc qu'une grève des travailleurs syndiqués de la STS serait susceptible de provoquer des inconvénients à la population, mais pas de mettre en danger la santé ou la sécurité publique.

«Si on veut respecter le tribunal et qu'on se retrouve prochainement avec un conflit de travail, est-ce que le gouvernement va nous dire d'offrir quand même le service, s'est questionné M. Crevier. Ça serait important que le gouvernement réponde à cette question rapidement, parce que c'est dur à suivre comme raisonnement.»

Une association provinciale qui défend les droits des usagers du transport en commun abonde dans le même sens.

«C'est très incohérent effectivement, a affirmé la directrice générale de Trajectoire Québec, Sarah V. Doyon. Que ce soit en temps de pandémie ou encore en raison d'un conflit de travail, quand un service est jugé essentiel, il doit l'être en tout temps.»

La STS tient à rassurer ses usagers: aucun conflit de travail ne se dessine à l'horizon.

La direction a demandé au tribunal de statuer sur ce point uniquement pour savoir à quoi s'en tenir si une telle situation devait survenir.

Les négociations entourant le renouvellement des conventions collectives de ses travailleurs viennent tout juste de débuter.

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