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580 manteaux neufs pour les sans-abri

Tout sourire derrière son masque, Victoria Kalisky, 23 ans, donne un manteau gratuit à l’un des nombreux itinérants qui se sont présentés à elle, lundi en début d’après-midi, à Montréal.

Photo Laurent Lavoie

Tout sourire derrière son masque, Victoria Kalisky, 23 ans, donne un manteau gratuit à l’un des nombreux itinérants qui se sont présentés à elle, lundi en début d’après-midi, à Montréal.

Touchée par le triste sort des itinérants pendant la période de froid polaire, une jeune femme de 23 ans a entrepris de distribuer des centaines de manteaux d’hiver grâce à une campagne de sociofinancement.

«Dans ces temps incertains, quand on est restreint de plusieurs façons, l’une des choses dont on a le contrôle, c’est de rendre la vie des gens autour de nous un peu plus facile et moins douloureuse», fait valoir Victoria Kalisky.

En l’espace de seulement quelques minutes samedi soir, elle a mis sur pied une campagne de financement avec son père. Ce dernier a fait appel à un partenaire d’affaires afin d’obtenir à faible coût des manteaux qui valent entre 200$ et 300$ chacun. Lundi, déjà quelque 14 000$ avaient été amassés, permettant l’achat de 581 parkas, de centaines de gants et d'un millier de chapeaux.

Victoria Kalisky

Photo Laurent Lavoie

Habitant non loin de l’intersection de l’avenue du Parc et de la rue Milton, l’étudiante de l’Université McGill estime être bien consciente des besoins criants des sans-abri.

«Plusieurs étudiants viennent ici pour manger et vivent dans les alentours, alors on est exposé à la crise de l’itinérance tous les jours, ce qui fait en sorte qu’on a plus d’empathie, j’imagine», a soutenu la Montréalaise.

Celle qui a été ébranlée par le décès d’une deuxième personne itinérante dû au froid depuis le début de l’année espère simplement que son geste convaincra d’autres personnes de l’imiter. «On va continuer tant qu’on a le momentum», a indiqué Mme Kalisky.

Cadeau inespéré  

Son initiative est d’ailleurs chaleureusement accueillie par la communauté itinérante, qui recevait lundi un deuxième lot de manteaux. Au passage du Journal, plusieurs ne portaient qu’une veste ou n’avaient tout simplement pas de tuque ou de gants.

«Je suis dehors tout le temps. Je vis dans une tente. Moi pis ma copine, ça va nous garder au chaud», a indiqué avec soulagement Matthew Donohoe.

Pour Philo Zumbu, qui est arrivé il y un mois de la République démocratique du Congo, il s’agit d’un cadeau inespéré.

«Pour nous ça montre que le Canada, c’est un pays d’accueil, parce que nulle part on ne nous a donné des habits pour nous protéger», a-t-il fait savoir.

Ce don de manteaux survient alors que des régions du Québec et du grand Montréal battent des records de température vieux de quelques décennies.

Entre le 1er et le 22 janvier à Montréal et à Laval, les paramédicaux d’Urgences-santé ont été appelés à intervenir à 39 reprises pour des expositions au froid qui peuvent avoir mené à des engelures ou à des hypothermies. C’est plus que les deux années précédentes réunies pour cette même période.

«Quand il y a des gens qui sont à l’extérieur et qu’on voit qu’ils sont dans des situations vulnérables, c’est d’aller les voir et de s’assurer qu’ils sont corrects, s’ils ont besoin d’aide», a souligné Stéphane Smith, porte-parole d’Urgences-santé.

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