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Soutien massif à Tedros Adhanom Ghebreyesus pour un deuxième mandat à la tête de l’OMS

La voie est libre pour un second mandat de l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus à la tête de l’OMS, après un vote de procédure mardi au cours duquel l’Éthiopien a reçu le soutien de tous les pays participants. 

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«Les mots me manquent. Très reconnaissant pour le soutien renouvelé», a déclaré, très ému, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) après le vote.

Lors d’un vote à bulletin secret à huis clos, les membres du Conseil exécutif de l’OMS — une trentaine de pays, dont la France — ont formellement validé sa candidature, après lui avoir fait passer un grand oral.

Les 31 pays ayant participé au vote ont tous voté pour lui, selon une source diplomatique. Trois pays étaient absents : le Tonga, l’Afghanistan et le Timor-Leste.

Il doit encore être formellement élu en mai par l’ensemble des États membres de l’organisation, une élection sans accroc prévisible puisqu’il est le seul à se présenter.

«Nous apprécions non seulement votre leadeurship durant cette période, mais aussi votre humanité et votre compassion. En particulier, votre engagement sans faille en faveur des personnes les plus vulnérables», a souligné le représentant sud-coréen, Kim Ganglip, au nom des pays de la région du Pacifique occidentaux.

Le représentant français, Jérôme Salomon, s’exprimant au nom des 53 États membres de la région européenne de l’OMS, a souligné la longue liste des défis sanitaires mondiaux qui attendent le Dr Tedros, «ainsi que les défis institutionnels» tels que la mise en œuvre des plans visant à prévenir et à combattre «les abus et le harcèlement sexuels, notamment en garantissant une culture organisationnelle qui favorise le respect des règles».

M. Tedros a pour sa part appelé au renforcement du rôle de l’OMS «au cœur de l’architecture mondiale de la santé» et demandé que chaque pays reconnaisse «la santé comme un droit humain fondamental».

En poste depuis 2017, le chef de l’OMS est très apprécié, en particulier des Africains, pour avoir permis que le regard de la communauté internationale, notamment durant la pandémie, se tourne davantage vers ce continent.

«Horrifié»

Âgé de 56 ans, ce spécialiste du paludisme est diplômé en immunologie, docteur en santé communautaire et ancien ministre de la Santé et chef de la diplomatie de l’Éthiopie.

Premier Africain à diriger l’OMS, il est en première ligne depuis le début de la pandémie.

L’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche, qui a remis les États-Unis dans le giron de l’OMS, lui a offert un second souffle, alors qu’il était attaqué sans cesse par l’ex-président américain Donald Trump (2017-2021), qui avait coupé les vivres à l’organisation, qu’il accusait d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

Le ton plus critique du Dr Tedros envers la Chine, qu’il estime ne pas être assez transparente sur l’origine de la pandémie, lui a valu quelques réprimandes de Pékin, qui soutient toutefois sa reconduction.

Un scandale de violences sexuelles en République démocratique du Congo perpétrées par des employés de son organisation — parmi d’autres travailleurs humanitaires — lui a valu une volée de bois vert à deux reprises de plusieurs dizaines de pays membres, qui jugeaient sa réaction trop molle et trop lente. Mardi, il a répété qu’il avait «été horrifié».

La pandémie a montré que ses appels restent souvent sans écho, comme quand il réclame aux pays les mieux lotis d’instaurer des moratoires sur les rappels de vaccins afin que les plus pauvres puissent en profiter.

Après un premier mandat marqué par le Covid, qui a mis à nu les défaillances de l’OMS, le Dr Tedros va devoir remporter le pari du renforcement de l’agence onusienne pour notamment mieux prévenir et gérer les futures épidémies.

«La pandémie a mis en évidence le défi auquel nous sommes confrontés, à savoir que le monde n’était pas prêt», a-t-il souligné pendant son grand oral.

Mais les contours de la réforme restent encore à définir par les pays, dont certains, soucieux de leur souveraineté, n’ont guère envie de donner plus de pouvoir à l’OMS.

«Le succès futur de l’OMS dépendra de votre soutien» aux propositions visant à ce que la part des cotisations des États membres représente 50 % du budget de l’organisation d’ici 2028-2029, a assuré le Dr Tedros.

Pour l’instant, 16 % du budget provient des cotisations obligatoires des États, le reste étant des contributions volontaires de donateurs publics et privés qui décident comment l’OMS peut les utiliser.

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