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Une gardienne d’enfants de Québec acquittée d’avoir secoué un bébé

Photo courtoisie

La gardienne d’enfants de Québec a été acquittée d’accusations de voies de fait graves et de négligence causant des lésions après qu’une mère de famille ait récupéré chez elle son bambin «dans un état de conscience altéré» et souffrant de saignements intracrâniens.

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Le tribunal a conclu que la couronne n’était pas parvenue à démontrer que Nathalie Leclerc pouvait être responsable de l’état du jeune enfant qui était âgé de 11 mois, «hors de tout doute raisonnable». Les faits reprochés remontaient à novembre 2016.

Le juge Jean Asselin a affirmé que la cour ne pouvait écarter les arguments d’un expert de la défense qui venaient jeter un doute sur la théorie de la couronne.

Le Dr Guillaume Sébire, spécialiste en neurologie pédiatrique de l’Université McGill, avait témoigné que les hématomes observés au cerveau de l’enfant avaient pu être causés par une condition médicale préexistante, soit une hydrocéphalie externe, et non par un syndrome du bébé secoué.

Selon les prétentions de l’expert, la trajectoire de croissance du périmètre crânien de l’enfant «lançait un signal d’alarme» sur une possible macrocranie, et ce, même après l’incident, a cité le juge Asselin.

Ce doute fut suffisant pour libérer l’accusée de 47 ans des deux charges auxquelles elle faisait face.

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Preuve médicale  

Lors du procès, la couronne estimait que l’éducatrice qui exploitait une garderie en milieu familial était la seule personne qui pouvait avoir provoqué les blessures de l’enfant.

Ces prétentions étaient appuyées par le témoignage de la Dre Laurel A. Chauvin-Kimoff, pédiatre responsable de l’unité de protection de l’enfance de l’Hôpital de Montréal pour enfants. La médecin spécialisée en maltraitance des enfants a évalué le petit de 11 mois après son transfert et estimait que les blessures observées pointaient vers un cas de bébé secoué.

«La crédibilité de la Dre Kimoff ne fait aucun doute. Néanmoins, le tribunal ne peut partager sa méthode de raisonnement selon laquelle en l’absence de cause connue de la condition médicale de l’enfant, on doit conclure qu’il y a une forte probabilité de croire à l’existence d’un traumatisme infligé», a exposé le juge Asselin dans son jugement écrit de 22 pages.

En résumé, même si les témoignages d’experts divergeaient et que la position du témoin de la défense «s’écarte du consensus», il n’y avait pas lieu de la rejeter selon le magistrat, exposant du même coup la position du doute raisonnable.

Rappel des faits  

Le 8 novembre 2016, le poupon de 11 mois arrive à sa garderie vers 8h45, déposé par sa mère en apparente parfaite santé. Vers 11h30, la mère communique avec Nathalie Leclerc pour la questionner sur des congés à venir et reçoit une réponse tout à fait normale.

Or, vers 12h15, elle reçoit un appel de la gardienne qui indique que son fils est «somnolant» et qu’il «ne va pas bien».

L’enfant est transporté au CHUL par ambulance vers 12h40 après un appel au 911 de la mère. Les premiers tests montrent la présence d’hématomes au cerveau et un transfert vers l’Hôpital de Montréal pour enfants est demandé. Ce sont les spécialistes de l’endroit qui sonnent l’alarme sur un possible cas de maltraitance, écartant du même coup la possibilité d’une hydrocéphalie.

Cette possibilité a cependant été au coeur de la défense de Me Alain Dumas, avocat de Mme Leclerc. La possibilité que l’enfant n’ait eu aucun symptôme annonciateur de cette possible hydrocéphalie externe avant l’épisode du 8 novembre a d’ailleurs été défendue par son témoin, le Dr Sibire.

Ce dernier, citant deux articles médicaux, a exposé à la cour que les patients qui font des hématomes sous-duraux spontanés, comme la victime au dossier, «sont le plus souvent asymptomatiques ou souffrent de symptômes mineurs». 

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