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Comment faire face à la hausse des taux

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Illustration Adobe Stock

La Banque du Canada annoncera une hausse de 25 points de base (0,25 %) de son taux directeur, et probablement dès aujourd’hui.

À voir aller les marchés boursiers, les investisseurs sont convaincus de l’imminence d’une telle augmentation, et ce, au Canada comme aux États-Unis. La Fed s’apprête également à augmenter ses taux.

Les experts prédisent quatre autres hausses similaires au Canada d’ici le début de 2023, ce qui devrait porter le taux de financement un jour de 0,25 % à 1,5 %. C’est important, sans être énorme. Tout dépend de la perspective.

Pourquoi cette hausse ?

Avant que la COVID-19 ne frappe, le taux directeur de la Banque du Canada s’élevait à 1,75 %. Au début de la pandémie, la banque centrale est intervenue trois fois au cours du seul mois de mars 2020 pour l’abaisser à 0,25 %, et il croupit depuis à ce niveau exceptionnel.

On réduit généralement les taux d’intérêt pour favoriser les emprunts, l’idée est de stimuler l’économie par des injections d’argent.

Il n’y a aucune raison de le maintenir aussi bas. Maintenant, la menace vient de l’inflation, qui gruge notre pouvoir d’achat. Pour la combattre, on augmente les taux, ce qui réduit l’apport d’argent dans l’économie, donc la demande.

L’efficacité du remède sera variable selon les secteurs. Une partie de la croissance des prix provient des ruptures de la chaîne d’approvisionnement à l’échelle mondiale. La pénurie de main-d’œuvre locale n’aide pas non plus. La hausse des taux ne réglera pas tous ces problèmes. 

L’impact sur votre hypothèque

Quand on entend « hausse des taux », on pense « hypothèque ». En voulant restreindre l’accès au crédit, la banque centrale affecte les ménages les plus endettés. Comment ?

Les familles qui viennent de signer un prêt à taux fixe peuvent dormir tranquilles. Cependant, ceux qui ont opté pour le taux variable verront leurs mensualités augmenter. Pour une hypothèque amortie sur 25 ans, chaque progression de 25 points de base coûte environ 12 $ par mois par tranche de 100 000 $ d’emprunt.

Si le taux directeur croît de 125 points de base d’ici un an comme prévu, une hypothèque de 300 000 $ coûtera 2160 $ de plus par année.

L’évolution du taux directeur touchera directement le coût des marges hypothécaires du même ordre. À moins de disposer de surplus, il faudra rogner quelque part pour absorber ces dépenses supplémentaires.

Les placements

Une hausse des taux d’intérêt a rarement un effet positif sur un portefeuille de placements, du moins dans l’immédiat. Elle pèse à la fois sur la valeur des actions et des obligations.

Sur les actions d’abord, parce que des intérêts faibles sur les titres à revenus fixes accroissent l’attrait pour la Bourse. Plus il y a de gens pour acheter des actions, plus la valeur de ces dernières augmente. À l’inverse, quand les intérêts se remettent à grimper, les investisseurs récupèrent une partie de leurs billes de la bourse pour les déplacer vers les titres à revenus fixes.

La meilleure protection repose sur un portefeuille diversifié. Les investisseurs dont les avoirs sont concentrés dans les technologies l’apprennent aujourd’hui à la dure.

Si les obligations deviennent plus attrayantes, pourquoi une montée des intérêts en réduit-elle la valeur ? Les intérêts augmentent seulement pour celles nouvellement émises.

Quelqu’un qui voudrait se départir des titres de l’année dernière ne trouvera pas preneur dans un marché où les nouvelles obligations offrent de meilleurs rendements d’intérêt... à moins de les céder à un prix tronqué.

Les fonds d’obligations vivotent depuis un an déjà, et ça ne s’améliorera pas. On doit favoriser les titres de courtes échéances. Ça vaut aussi pour les CPG qui devraient être plus généreux d’ici un an.

Espérons que ça se traduise rapidement sur les comptes d’épargne. À surveiller au cours des prochains mois.

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