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Le baril de pétrole brut propulsé à 90 dollars

La crise en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, qui menacent l'offre pétrolière, ont propulsé le baril de Brent au-delà de 90 dollars pour la première fois depuis octobre 2014, dans un contexte d'inflation déjà galopante.

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Vers 13h, le prix du baril de Brent évoluait à 90,44 dollars, en hausse de 2,54%, après avoir atteint un plus haut à 90,47 dollars. À New York, le baril de WTI grimpait de 2,57% à 87,80 dollars.

L'escalade de la situation en Ukraine «avec la poursuite de l'impasse entre la Russie et les membres de l'OTAN» est largement à l'origine de la poussée des cours mercredi, a commenté Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

«Cela fait un moment que l'on s'y attend et même la semaine dernière, lorsque les prix se sont un peu détendus, il y avait peu d'espoir que cela conduise à un repli significatif», a souligné auprès de l'AFP Craig Erlam, analyste chez Oanda.

L'ambassade américaine à Kiev a «exhorté» mercredi les citoyens américains se trouvant en Ukraine à quitter le pays sans tarder.

Washington avait annoncé dimanche le rappel de certains diplomates et de leurs familles, avant le Royaume-Uni lundi, puis le Canada mardi.

Le ministre tchèque de la Défense a annoncé mercredi qu'il allait fournir 4000 obus d'artillerie dans les jours à venir à l'Ukraine, un don d'une valeur de 1,5 million d'euros.

«Maintenant que le prix dépasse les 90 dollars et qu'il reprend de la vigueur, ce n'est peut-être qu'une question de temps avant qu'il ne frôle les 100 dollars. Les fondamentaux restent haussiers pour les prix du pétrole et la perspective d'une invasion russe en Ukraine ne fera qu'augmenter la prime de risque», a estimé Craig Erlam.

La Russie est le plus grand producteur de pétrole des partenaires de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Les tensions autour de l'Ukraine se sont fortement accrues ces dernières semaines, laissant planer une menace sur l'approvisionnement en pétrole, dans un marché déjà tendu.

Autre point épineux: les Européens craignent, en cas d'escalade, de se voir privés en plein hiver du gaz russe, qui représente plus de 40% de leurs besoins.

Inflation et stocks importants

La publication de chiffres hebdomadaires des réserves de pétrole américaines, plus importantes que prévu, n'a pas tempéré la progression du brut.

Durant la semaine achevée le 21 janvier, les stocks de brut ont progressé de 2,4 millions de barils en net, soit plus du double de ce qui était attendu par les analystes (1 million), pour s'établir à 416,2 millions.

C'est la seconde hausse consécutive, après une série de sept baisses de suite.

Mais des stocks plus conséquents cumulés au coût de la vie qui ne cesse d'augmenter pourraient calmer les prix du pétrole.

«Avec l'inflation qui continue de ronger les revenus disponibles des consommateurs, de nouvelles hausses des prix des carburants et de l'énergie pourraient ne pas être soutenables à long terme», prévient Fawad Razaqzada, analyste chez ThinkMarkets.

Ce nouveau sommet du prix du pétrole intervient en effet dans un contexte de forte inflation, les prix des carburants volant également de record en record.

Pour Fawad Razaqzada, «les prix du brut devront se corriger en raison des préoccupations liées à la demande, si les revenus des consommateurs, déjà sous pression en raison de l'inflation, sont encore plus réduits».

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