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Les enfants frappés durement par la COVID-19

Lindy Sevillo veillait auprès de sa fille Arville, 9 ans, à l’Hôpital de Montréal, qui a été très malade en raison de la COVID-19.

Photo courtoisie, Hôpital de Montréal pour enfants

Lindy Sevillo veillait auprès de sa fille Arville, 9 ans, à l’Hôpital de Montréal, qui a été très malade en raison de la COVID-19.

Deux fois plus de jeunes patients infectés à la COVID-19 se sont retrouvés aux soins intensifs de l’Hôpital de Montréal pour enfants depuis la mi-décembre que dans les 20 autres mois de la pandémie.

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« C’est sûr que c’est inquiétant. Dans les autres vagues, on était relativement confiant après quelques mois que les enfants n’étaient pas affectés sévèrement par le virus », fait valoir Maryse Dagenais, infirmière-chef des soins intensifs pédiatriques. 

Elle a constaté que depuis le 18 décembre, 13 enfants infectés ont atterri dans son unité à cause du virus. La majorité des patients ont généralement des conditions qui affaiblissent leur système de santé, précise Maryse Dagenais. 

Elle ajoute qu’un adolescent de 15 ans en pleine forme s’est récemment retrouvé intubé, sous ventilateur et médicamenté pour soutenir son système cardiovasculaire. 

« On ne peut pas savoir qui va être infecté plus ou moins sévèrement. Il peut y avoir des enfants qui vont être à risque dans les classes », souligne l’infirmière, qui craint la rentrée scolaire. 

Trop d’infections  

Incluant les 13 patients aux soins intensifs, une quarantaine de jeunes infectés à la COVID ont séjourné à l’unité pédiatrique de l’Hôpital de Montréal pour enfants depuis décembre. C’est au moins le triple par rapport au reste de la pandémie.

Le fait qu’il y ait cinq à six fois plus d’infections dans la population générale est directement en cause, estime Christos Karatzios, spécialiste en infectiologie pédiatrique. 

« C’est un jeu de chiffres. Si on a beaucoup plus d’enfants à [traiter], on va commencer à voir des enfants qui sont très malades, à voir des décès », prévient le Dr Karatzios.

Syndrome surveillé  

Cette montée en flèche des hospitalisations fait craindre que davantage de jeunes, une fois guéris, développent des syndromes inflammatoires affectant le fonctionnement des poumons, ou même du cerveau.

« Là, on est trop dedans pour savoir si le fait qu’Omicron a infecté plus d’enfants [va engendrer] plus de syndromes respiratoires. Ça, on va juste le savoir dans deux, trois mois. C’est sûr que c’est la partie la plus inquiétante », explique l’inhalothérapeute Jean-François Trudel.

Pendant ce temps, les nombreuses précautions pour protéger les travailleurs de la santé des patients contaminés alourdissent le rythme de travail des troupes, et leur moral. C’est du moins le cas de M. Trudel.

« L’une des parties que j’aime beaucoup dans mon métier, c’est la relation avec les parents, de prendre le temps de les rassurer, de leur expliquer ce qui se passe. Là, on n’a pas le temps », se désole-t-il. 

Secouée par l’hospitalisation de sa fille de 9 ans  

Une mère dont la fille de 9 ans s’est retrouvée aux soins intensifs après avoir contracté la COVID-19 appelle la population à redoubler de prudence.

« On n’a qu’une vie. Vous ne pouvez pas racheter la vie de votre fille, de votre entourage, votre mère, votre frère, votre sœur », insiste Lindy Sevillo, résidente de Côte-Saint-Luc, à Montréal. 

Sa fille unique Arville a contracté la COVID-19 début janvier. Sa famille ignore si elle l’a attrapée de son père, qui a été exposé à une éclosion dans son milieu de travail, ou d’un autre membre de sa famille. 

Arville, qui devait recevoir bientôt sa première dose de vaccin, est particulièrement fragile. Née de façon prématurée, la fillette a déjà subi 39 opérations qui concernaient tant son système respiratoire que ses intestins. Malheureusement, elle a dû reprendre le chemin de l’hôpital le 10 janvier, étant incapable de manger, faisant de la fièvre et vomissant sa salive.

Sous le choc  

À l’annonce du résultat positif à la COVID-19, ses parents étaient complètement sous le choc. 

« Nous l’avions mise dans une bulle. Elle fait l’école à la maison depuis 2020. Nous n’avons pas de visiteurs, énumère Lindy Sevillo. Nous allions à l’épicerie avec mon mari, mais elle ne sortait pas de l’auto. »

La fillette a même dû passer deux nuits aux soins intensifs en observation puisqu’elle faisait de l’apnée du sommeil, ce qui a inquiété les médecins.

L’expérience est si traumatisante qu’à long terme, des enfants peuvent développer un syndrome de stress post-traumatique, rapporte Maryse Dagenais, infirmière-chef des soins intensifs pédiatriques.

« Ça marche un peu selon où sont les enfants dans leur développement personnel, mais on va voir des changements. Il y a des enfants qui ne voudront pas retourner à l’école, qui vont avoir des phobies », explique-t-elle.

Mais au bout du fil, Lindy Sevillo semble peu inquiétée. 

« [Arville] a juste besoin de se reposer et dormir pour qu’elle puisse retrouver l’énergie qu’elle avait », fait valoir la maman.

Ayant repris des forces, c’est finalement après près de deux semaines à l’Hôpital de Montréal pour enfants qu’Arville a pu retourner à la maison.

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