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Manque de familles d’accueil: des jeunes entassés dans des chambres de fortune

Depuis un an, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec lance des appels à l’aide pour attirer de nouvelles familles d’accueil, mais des dizaines de jeunes restent encore en attente d’une famille dans la région.

La capacité maximale des centres de réadaptation est toutefois atteinte, selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

«On parle de plus de 40 jeunes qui sont en centre de réadaptation et qui n’ont pas les chambres qui sont conçues pour eux», a admis Jean-Christophe Côté-Benoit, représentant national de l’APTS pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. «Donc on invente, on agrandit par l’intérieur. On invente des chambres, on utilise des paravents, des rideaux.»

Âgés de 6 à 12 ans, huit autres jeunes sont en foyer de groupe à la Maison de la Madone du secteur Cap-de-la-Madeleine depuis le début du mois de décembre et encore sept sont à Plein Air Ville-Joie, une base de plein air du secteur Pointe-du-Lac.

Pour le syndicat, les paravents en centre de réadaptation sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, surtout que certaines familles sont justement refusées parce que la chambre qu’elles ont à offrir est trop petite.

«On a de la misère nous autres même à respecter ces critères-là. Donc ce qu’on demande c’est de changer certains critères pour que ces jeunes-là aient une place qui ressemble le plus possible à une famille», a expliqué M. Côté-Benoit.

Le manque criant de familles d’accueil met une pression énorme sur les celles déjà existantes, qui doivent parfois s’occuper pendant des semaines d’un enfant qui devrait être changé de milieu, comme le constate Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d’accueil et ressources intermédiaires du Québec.

«L’enfant va rester dans le milieu un mois, un mois et demi, deux mois, jusqu’à six mois ! Alors on se retrouve qu’on met un milieu en danger. Et quand ils arrivent au bout du combat, la ressource va dire, on arrête ça là», a-t-elle souligné.

Le taux de places disponibles en famille d’accueil est actuellement de 2 à 5%. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a besoin d’un taux de 15% pour que tous les enfants soient pris en charge et jumelés à une famille qui leur ressemble.

Neuf intervenants sont par ailleurs en train d’être embauchés pour apporter davantage d’aide aux familles.

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