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Plusieurs régions du Québec touchées par une pénurie de dentistes

Une pénurie sans précédent de dentistes afflige plusieurs régions du Québec, notamment le Bas-Saint-Laurent, la Haute-Gaspésie, la Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscamingue.

«Il semble que les nouveaux gradués préfèrent rester dans les grands centres. Il y a un penchant favorable pour travailler soit à Montréal, soit à Québec», a déploré le président de l'Ordre des dentistes, Dr Guy Lafrance.

«J'ai une dizaine de patients qui appellent chaque jour, qui cherchent un dentiste», a ajouté la dentiste Dre Julie Gagné. «Ils sont vraiment mal pris. Moi, j’essaie de faire des urgences seulement pour les aider. Mais sinon, pour des examens, nettoyages, puis c’est impossible pour moi de les prendre ».La situation est tellement critique que les résidents doivent parfois parcourir plus de 200 kilomètres pour obtenir des soins.

Plusieurs pistes de solutions sont ainsi envisagées pour attirer les finissants.

«Il pourrait y avoir des incitatifs financiers. Pour ceux qui vont en région, ça se fait dans d’autres professions, par exemple, comme les médecins. Il pourrait aussi y avoir un système de stage dans les régions pour [les faire connaître]», a suggéré le Dr Lafrance.

Un projet pilote de clinique communautaire fait aussi partie des moyens qui pourraient être mis en place pour faire face à la pénurie, une nouveauté au Québec.

«Quand les dentistes s’installent en région, c’est des pratiques privées, puis ils investissent à ce moment-là pour ouvrir leur clinique. Si c’est des cliniques communautaires qui appartiennent au gouvernement, à ce moment-là, ils n'ont pas à ouvrir une pratique là», a expliqué le Dr Lafrance.

«On fait partie d’un projet pilote ici dans la MRC de la Haute-Gaspésie avec cinq autres régions au Québec. L’argent est disponible. Le CISSS de la Gaspésie a mis la main sur la clinique dentaire, il y a du financement pour faire du recrutement de deux dentistes et de deux hygiénistes dentaires», a précisé le maire de Sainte-Anne-des-Mon, Simon Deschênes.

Mais le projet-pilote connaît un bien mauvais départ.

«Nous avons eu trois dentistes qui ont levé la main, qui ont été rencontrés. Mais ce qui a choqué, ce sont les conditions salariales, la grille salariale établie par le ministère de la Santé», a mentionné le maire, ajoutant que la grille tarifaire et les incitatifs datent de 2015.Pour ajouter insulte à l'injure, les cabinets de dentistes font face à leur propre pénurie, celle des hygiénistes dentaires.

«Ça fait six mois que je cherche une hygiéniste. J’offre même le logement gratuit. S’il faut, même le déménagement, si les personnes restent plus loin dans le Québec, mais malheureusement, le téléphone ne sonne pas», s’est désolée la Dre Gagné, qui ne compte que sur une seule hygiéniste dans son cabinet.

«Je suis venue travailler à cause de la COVID. J'étais un peu tannée d’être à Montréal. Je voulais faire changement puis je suis revenue aussi vraiment pour la qualité de vie», a commenté Alissa Khan, la principale intéressée.

Les dentistes plaident donc pour plus de formation dans les régions.

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