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Québec repousse l’élargissement de la consigne aux bouteilles de vin et autres contenants

Censé entrer en vigueur cet automne, l’élargissement de la consigne à tous les contenants à boire dont les bouteilles de vin est finalement repoussé au printemps 2023 et fait toujours des mécontents chez les détaillants.

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Le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, justifie ce report par le «tort causé à beaucoup d’acteurs» devant mettre en œuvre cette consigne pendant la pandémie de COVID-19.

Les détaillants auraient notamment souffert d’un manque de personnel, a-t-il mentionné.

«Les effectifs viennent à manquer, le temps vient à manquer, c’est une industrie qui a été très lourdement affectée par la pandémie, donc on s’ajuste», a-t-il précisé, mercredi, en conférence de presse, en affirmant que «c’est bien peu cher payé pour s’assurer de bien faire les choses».

5 milliards de contenants

Annoncé en janvier 2020, l’élargissement de la consigne vise les quelque 5 milliards de contenants à boire de 100 millilitres à deux litres, dont les bouteilles de vin, achetés dans la province.

Qu’ils soient en carton, en plastique, en métal ou en verre, ces contenants coûteront bientôt dix cents de plus à l’achat (25 cent dans le cas d’une bouteille de vin). Cette contribution pourra ensuite être remboursée en les ramenant dans un lieu de collecte «dans la plupart des cas à même où» ils ont été achetés, a précisé le ministre, Benoit Charette.

Trop contraignant

Délai ou pas, pour l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), le règlement présenté mercredi est trop contraignant puisqu’il obligerait les quelque 6000 commerces de la province dont la superficie est de plus de 2500 pieds carrés à récupérer les contenants consignés.

Son porte-parole, Stéphane Lacasse, plaide plutôt pour l’implantation d’environ 1100 sites de collectes dédiés, où 90 % des contenants pourraient être récupérés.

«S’il nous impose de récupérer dans tous les sites de 2500 pieds carrés, on n’a pas la main-d’œuvre pour faire ça. On va devoir faire un choix, entre remplir les tablettes et servir les clients, ou gérer des contenants consignés, car on n’a ni la main-d’œuvre ni l’espace», explique-t-il.

Récupérer davantage

Québec entend aussi serrer la vis aux producteurs de matières résiduelles et les obligera d’ici cinq ans à mettre en place un système pour en récupérer davantage, au lendemain de la parution d’un déprimant rapport sur la production de déchets qui ne cesse d’augmenter dans la province.

Le nouveau règlement publié mercredi vise à obliger les producteurs à «mettre en œuvre et à soutenir financièrement un système de consigne de certains contenants dans le but de les récupérer et de les valoriser».

D’ici 2027, les producteurs seront donc obligés de revaloriser 85 % du carton, 80 % du plastique rigide de type polythène, 50 % des plastiques souples, et 70 % du verre qu’ils produisent, entre autres.

Pour les citoyens, cette réforme représentera toutefois «peu de changements» dans leurs habitudes de tous les jours, a assuré Benoit Charrette.

Loin de diminuer, la proportion de déchets produits par chaque Québécois continue d’augmenter d’année en année et l’objectif de réduction fixé jusqu’ici par Québec se révèle un échec, pointait le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) dans un rapport publié mardi.

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