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Une antimasque perd la garde de sa fille de 13 ans

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Paul - stock.adobe.com

Une antimasque a perdu la garde de sa fille de 13 ans, à la demande de cette dernière, qui ne supportait plus le militantisme de sa mère, opposée aux mesures sanitaires.

«En cette période de pandémie, l’enfant témoigne de son souci de respecter les consignes sanitaires. Elle éprouve des difficultés à exprimer comment elle se sent, craignant la réaction de sa mère. Elle veut se sentir plus libre de s’exprimer», peut-on lire dans une récente décision du juge Pierre Labelle, au palais de justice de Joliette.

C’est que la mère, que l’on ne peut identifier, car il s’agit d’un dossier familial, ne cache pas son opposition au masque, tout en relayant sur les réseaux sociaux des vidéos contre les mesures sanitaires selon ce que Le Journal a pu constater.

Pas bienveillante 

Et même si elle se dit «bienveillante», elle n’hésitait pas à reprocher publiquement à sa fille de «vivre dans la peur» depuis le début de la pandémie.

«Le comportement de la mère devant le Tribunal [...] ne laisse aucun doute sur sa difficulté à contrôler ses émotions et à permettre une communication respectueuse, a noté le magistrat. Sa soif de parler l’emporte sur celle d’écouter.»

Après «de grandes réflexions», l’adolescente a donc estimé que c’en était assez, et qu’il était préférable que son père ait sa garde complète. 

Celui-ci a ainsi fait une demande en ce sens à la cour. Une procureure a été désignée pour l’enfant, ce qui a mené à la confection d’un rapport indiquant que même si l’ado aime ses deux parents, elle préférait vivre chez son père et qu’elle puisse voir sa mère selon son désir.

Intérêt de l’ado 

«L’enfant trouve difficile de vivre les émotions non contrôlées de sa mère, peut-on lire dans la décision. Elle ne se sent pas entendue par elle, contrairement à l’attitude du père.»

L’ado a ensuite expliqué qu’elle avait beaucoup de difficultés avec la «pression et la manipulation» de sa mère, «surtout en raison du militantisme de celle-ci» dans certains groupes sociaux.

«Elle fait preuve d’une maturité très grande pour son âge, a noté le tribunal. Elle reconnaît ses traits anxieux et sa fragilité face aux propos dénigrants tenus par la mère à l’endroit du père, propos que ce dernier ne tient pas vis-à-vis de la mère.»

Or, au Québec, le choix de garde d’un adolescent est un facteur important que le juge doit considérer. Et comme la garde exclusive au père était dans l’intérêt de l’enfant, le juge a accédé à la demande.

Ainsi, le père aura donc la garde exclusive de sa fille, et n’aura plus à payer de pension alimentaire au bénéfice de l’ado. La mère pourra continuer à voir sa fille, selon la volonté de celle-ci, mais lors de ces rencontres, il lui sera interdit de dénigrer le père.

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