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La rançon de 11 millions aurait rebondi, dit la défense

Paul Zaidan (sans masque en mortaise), accusé d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement du président de Cora, au palais de justice de Laval.

Photos d'archives, Martin Alarie

Paul Zaidan (sans masque en mortaise), accusé d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement du président de Cora, au palais de justice de Laval.

L’enlèvement du président de la chaîne Cora était un coup monté et la demande de rançon de 11 M$ était bidon, car les ravisseurs n’auraient pas pu mettre la main sur l’argent, a soutenu l’avocat de l’accusé aujourd'hui.

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« Pourquoi quelqu’un commettrait un tel crime, sans pouvoir bénéficier de l’argent au final ? », a questionné l’avocat de Paul Zaidan, Me Hovsep Dadaghalian, dans sa plaidoirie finale devant le jury.

Rappelons que l’ex-franchisé des restaurants à déjeuner Cora est accusé d’avoir kidnappé et séquestré Nicholas Tsouflidis, président de la chaîne, le 8 mars 2017. 

Une rançon de 11 M$ avait été demandée à sa mère, la fondatrice de la bannière, Cora Tsouflidou.

La défense a annoncé ses couleurs dès le début de sa plaidoirie : il s’agit d’un faux enlèvement orchestré par M. Tsouflidis afin de faire reposer les soupçons sur son frère pour le tasser de l’entreprise, selon sa théorie.

Pour soutenir son argumentation, l’avocat de l’accusé a attiré l’attention du jury sur une admission faite par les deux parties en preuve. 

 Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:

L’argent aurait rebondi  

Une copie de la lettre de rançon de 11 M$ qui a été retrouvée par les policiers chez la victime.

Photos courtoisie

Une copie de la lettre de rançon de 11 M$ qui a été retrouvée par les policiers chez la victime.

Si Mme Tsouflidou avait transféré les 11 M$, selon les directives de la lettre de rançon, l’argent serait parvenu à une banque, qui lui aurait ultimement retourné les fonds vu l’absence du numéro de compte du bénéficiaire. Les numéros de compte sur la lettre n’existaient simplement pas.

« Ces [crimes] ont été faits dans le but d’avoir de l’argent, selon le ministère public. Or, l’argent ne pouvait jamais se rendre à un bénéficiaire. Tout ça, n’est-ce pas un enlèvement simulé ? », a dit Me Dadaghalian.

L’avocat a ensuite soulevé des éléments invraisemblables, selon lui, dans l’histoire de M. Tsouflidis. Par exemple, le fait que les ravisseurs n’ont jamais été violents avec lui, même quand il les insultait alors qu’il était séquestré dans une résidence à Laval.  

« On parle d’individus avec une arme à feu, selon son témoignage, mais on ne le frappe pas. Au contraire, on lui offre de la bouffe et des cigarettes », a-t-il souligné.

Lors de ses plaidoiries, la veille, la Couronne a plutôt fait valoir qu’il est invraisemblable que M. Tsouflidis ait organisé son propre enlèvement en rappelant notamment les achats faits par l’accusé, comme une caméra de surveillance, des câbles et des tie wraps.

– Avec Valérie Gonthier

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