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Les Marquis de Jonquière réussiront-ils à terminer leur saison?

L’équipe des Marquis de Jonquière, dans la Ligue nord-américaine de hockey, pourrait voir sa saison rester sur pause plus longtemps que prévu face au manque d’ouverture dans les nouvelles consignes sanitaires annoncées cette semaine par Québec.

L’annonce de mardi avec l’interdiction de matchs et l’autorisation de 500 spectateurs au maximum a déçu toute la Ligue nord-américaine.

Le commissaire du circuit, Gilles Rousseau, a d’ailleurs haussé le ton à ce sujet, alors que la Ligue nord-américaine de hockey écope déjà depuis trois saisons avec la pandémie.

«À 500 personnes, c’est un moyen contrat. Il faudrait que les joueurs baissent de salaire pas mal», a estimé M. Rousseau. «On est en règle partout, mais on nous empêche de jouer. C’est incompréhensible».

Le commissaire ne s’est pas gêné non plus pour mettre en échec la ministre des Sports, Isabelle Charest. «Elle est invisible depuis des mois, Mme Charest. On ne l’a pas vu. On ne sait pas ce qu’elle pense.»

Quand un nouveau groupe d’actionnaires a pris les rênes des Marquis de Jonquière en juillet 2019, les 11 partenaires n’auraient jamais imaginé vivre une pareille expérience avec des séries annulées en 2020, une saison anéantie l’an passé et une autre actuellement sur pause.

«Mettons qu’on voulait avoir plus de fun que ça, un peu», a admis Éric Gravel, copropriétaire et directeur des opérations de l’équipe.

Pour ce circuit, le vœu est clairement exprimé.

«Si on n’est pas à 50 % de la capacité, c’est impossible de faire nos frais», a évalué le directeur général et entraîneur-chef des Marquis, Bob Desjardins. «C’est sûr qu’on vise 50 % comme on avait avant les Fêtes. Je ne veux pas prendre une expression de M. Legault, la lumière au bout du tunnel. Je pense qu’elle est brûlée. Ça va être le temps d’en mettre une autre parce que j’ai hâte de la voir vraiment.»

Les Marquis n’ont pas joué depuis la mi-décembre et ont besoin d’au moins 1000 spectateurs.

«À Jonquière et à Rivière-du-Loup, on a peut-être des dépenses de plus parce qu’il faut transporter nos joueurs. Pour nous, c’est peut-être donc à 1200. Pour ne pas perdre la saison, on irait à 1000», croit M. Gravel.

Le commissaire, lui, déplore le fait de ne pas recevoir d’informations précises du gouvernement.

«La seule affaire que j’ai du gouvernement, ça vient des gérants d’arénas», a souligné Gilles Rousseau. «Il n’y a pas une région où c’est pareil. Ils vont permettre quelque chose à Québec, mais ils ne permettront pas à Chaudière-Appalaches. On ne sait plus où donner de la tête. »La Ligue espère reprendre en février en étirant les séries en mai. «À la fin mai, 90 % des arénas ferment. Je pense qu’il y a Jonquière et Laval qui vont être ouverts à la fin mai», a avancé Gilles Rousseau.

Bob Desjardins compte quant à lui sur le gros bon sens des six municipalités de la ligue. «On est en temps de pandémie. Il faut que les villes prennent conscience que si la saison se poursuit, qu’elles nous donnent un coup de main parce que ça fait quand même trois saisons qu’on passe dans le tordeur.»

Éric Gravel croit de son côté qu’il est toujours possible d’y arriver. «On est en train de se faire des cédules. Mi-février, fin février. On jouerait en mars et avril. Peut-être même aller jusqu’à la fin mai, maximum, pour réussir à faire un maximum de matchs.»

Les Marquis ont vendu 650 billets de saison, alors que l’objectif est d’atteindre 18 matchs locaux, séries incluses.

«Si la saison est annulée, on doit rembourser des choses. C’est de l’argent qu’on n’a peut-être plus dans les coffres», a avancé M. Desjardins.

L’avenir des Marquis n’est toutefois pas en jeu. «On ne cachera pas qu’au cours des trois dernières années, on a des pertes. Mais c’est quand même partager parmi les 11 actionnaires, mais on voudrait réussir à faire au moins une saison complète, un moment donné. On n’est pas découragés. On veut continuer», a mentionné le copropriétaire et directeur des opérations de l’équipe.

Mais dans d’autres marchés, il y a une préoccupation pour d’autres équipes du circuit, selon Gilles Rousseau.

«Elles avaient jusqu’au milieu janvier pour nous dire si elles revenaient ou non. Mais on a dit, on va attendre un peu. Si cette année-là ne fonctionne pas non plus, je pense qu’il y en a peut-être qui vont tirer la couverte.»

Son organisation désire également augmenter le nombre d’équipes à huit, mais la pause actuelle ne facilite pas les démarches. «Ça va mal pour avoir des nouvelles franchises quand on ne sait même pas où on s’en va», a ajouté le commissaire.

Et cette saison en pause fait mal aussi aux joueurs. «J’ai certains joueurs que c’est leur gagne-pain premier», a expliqué le directeur général et entraîneur-chef des Marquis.

Gilles Rousseau fait d’ailleurs valoir que ceux-ci vivent toutes sortes de situations sans leurs revenus. «On a des joueurs qui vont à l’université. Ils payent leurs universités avec ça. On en a d’autres qui sont des pères de famille.»

Les dirigeants de la Ligue nord-américaine de hockey se réuniront la semaine prochaine pour faire le point.

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