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Pas un sou pour les clients d’Uber Eats, mais l’avocat encaisse

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L’action collective contre les frais de service imposés par Uber Eats s’est finalement réglée avec un cachet de 63 500 $ pour les avocats, tandis que les consommateurs ne toucheront pas un rond.

« L’entente ne constitue pas une admission de responsabilité, d’un acte répréhensible ou d’une faute de la part [d’Uber] », a précisé l’entreprise de Californie.

En vertu de cette entente, Uber Eats offrira également des cartes-cadeaux totalisant 55 000 $ à des organismes de charité.

L’action collective avait été intentée l’an passé au nom de tous les Québécois qui avaient utilisé l’application pour se commander de la nourriture. 

 Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:

Protéger les clients 

Selon l’avocat à l’origine du recours, Me Jimmy Lambert, Uber Eats ne respectait pas la Loi sur la protection du consommateur en imposant certains frais de service. 

Il demandait que chaque consommateur soit remboursé pour le trop-payé, plus intérêts, en plus de 50 $ en dommages punitifs pour chaque transaction.

Un autre recours visait quant à lui d’autres frais surprises au moment de passer à la caisse. L’avocat réclamait le remboursement de ceux-ci, en plus de 100 $ par transaction en guise de dommages punitifs. Uber Eats, qui a toujours nié toute faute, a depuis changé ses pratiques. Et l’avocat qui poursuivait l’entreprise a finalement accepté de mettre fin au dossier, qui lui permettra de toucher 63 500 $ pour le travail accompli.

« Les membres individuels [...] ne recevrez aucune indemnisation individuelle », a fait savoir Uber Eats dans un courriel envoyé à ses utilisateurs.

En vertu de l’entente, Me Jimmy Lambert ne peut pas commenter le dossier, a fait savoir son bureau. 

Mauvaise image 

Mais cette entente a fait sourciller plusieurs avocats qui ne se sont pas gênés pour déplorer ce dénouement « mauvais pour l’image de la profession » puisque les consommateurs ne recevront rien, alors que l’action collective a été intentée dans leur intérêt.

Me Joey Zukran, un avocat spécialisé en action collective qui enseigne à l’Université d’Ottawa, rappelle toutefois que l’entente doit encore être approuvée par un juge de la Cour supérieure du Québec.

« Il a un rôle de supervision, afin de protéger les membres de l’action collective, a-t-il expliqué. Il devra analyser le dossier, pour s’assurer qu’elle soit juste et raisonnable pour eux. »


♦ L’audience se tiendra en mars, au palais de justice de Montréal.

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