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EN IMAGES | La manifestation s’installe dans le cœur d’Ottawa

Le cœur de la ville d’Ottawa était déjà envahi par des milliers de manifestants anti-mesures sanitaires en début de soirée vendredi. Un premier convoi de camions en provenance de Kingston, en Ontario, a bloqué une majeure partie de la rue longeant la colline parlementaire.

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La capitale semblait déjà remplie à ras bord alors que d’autres convois possiblement encore plus nombreux en provenance du Québec et de l’ouest du pays sont attendus en journée samedi. Les forces policières estiment que jusqu’à 10 000 personnes pourraient se présenter.

Les klaxons assourdissants résonnaient sans interruption à travers les murs du centre-ville depuis le début de l’après-midi et le volume et l’intensité augmentent d’heure en heure.Les klaxons assourdissants résonnent sans interruption à travers les murs du centre-ville depuis le début de l’après-midi et le volume et l’intensité augmentent d’heure en heure.

 

Hormis les camionneurs, de nombreux manifestants de tout acabit se sont présentés sur les lieux afin d'exprimer leur ras-le-bol des mesures sanitaires, et dans de nombreux cas, leur opposition au vaccin contre la COVID-19 ainsi que leur détestation du premier ministre Justin Trudeau et du gouvernement.

Les policiers sur place redirigeaient les véhicules et les camions pour maintenir une certaine fluidité dans la circulation, mais tout cela s’est arrêté entre 15h et 16h, lorsque des dizaines de camions imposants se sont solidement installés sur la rue Wellington.

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De nombreux drapeaux du Canada flottaient aux côtés de drapeaux du Québec, de quelques drapeaux des patriotes et même d’un drapeau des Warriors.

Les vaccins de la discorde 

Deux points communs permettent de lier les manifestants rencontrés sur place : la méfiance envers les vaccins contre la COVID-19 et le désir d’une manifestation qui se déroule dans la paix.

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Sébastien Roy et sa conjointe Christiane Nadeau sont arrivés jeudi à Ottawa en provenance de Magog. Ils sont prêts à rester «le temps que ça prend».

«La phase de débilité collective, ça fait. Fini la passe sanitaire. On en veut plus. Last call. On ne se laissera pas mourir, ça c’est clair», a déclaré M. Roy en brandissant un fleurdelisé.

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«On ne peut plus aller nulle part. Hier on s’est fait virer du Tigre géant à Magog. C’était la goutte qui a fait déborder le vase. C’est devenu invivable», a renchéri Mme Nadeau. «J’ai eu ma deuxième dose [de vaccin], mais jamais la troisième. C’est fini. C’est la pire erreur que j’ai pu faire.»

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Tous deux sont favorables aux vaccins contre les autres maladies, mais pas à celui contre la COVID-19, car ils croient que celui-ci n’a «pas été étudié». Mme Nadeau dit avoir été malade après avoir reçu le vaccin.

Robert est venu de Peterborough, en Ontario et s’est installé chez un de ses amis. Il pourrait rester en ville «plusieurs semaines», en fonction de la manifestation.

Le franco-ontarien, qui travaille comme taxidermiste et guide de chasse, trouve que le gouvernement «pousse trop les gens». Il estime que le vaccin contre la COVID-19 est «une drogue expérimentale», une «thérapie des gênes» dont l’efficacité n’a pas été prouvée.

L'homme s’oppose à la violence et dit qu’il est ici «en lumière, pour ramener de l’espoir dans notre pays». «Je ne crois pas que les truckers vont être violents. S’il y a de la violence, ça va être instigué par le gouvernement lui-même, ou alors par des groupes qui ne sont pas rationnels.» Robert a préféré de pas dévoiler son nom de famille.

Nancy est arrivée de Toronto au milieu de l’après-midi avec une amie. Elle brandissait les drapeaux du Canada et du Mexique, son pays d’origine. Celle-ci refuse de recevoir le vaccin pour «sauver» son «ADN» et son «âme».

En espagnol, elle a dit que plusieurs personnes de son entourage ont attrapé la COVID-19 dans les deux dernières années, mais qu’aucune n’a connu des symptômes assez sévères pour lui faire changer d’idée. Elle fait remarquer qu’au Mexique, les règles sanitaires sont «quasi inexistantes».

Lamont Daigle est un grand habitué des manifestations contre les mesures sanitaires. Fondateur du mouvement «The Line Canada», une association de «libertés civiles» qui lutte contre les mesures sanitaires, M. Daigle se targue d’avoir accumulé jusqu’ici 3,5 millions en contraventions lors de manifestations du genre.

«Je n’ai jamais entendu quelqu’un parler de violence ici», a-t-il dit. Il croit tout de même que les dirigeants finiront emprisonnés après un procès ressemblant à celui de Nuremberg à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.