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Menacés, des remorqueurs refusent d’intervenir dans les blocus

Au moment où toute la classe politique et l’industrie des manufacturiers et exportateurs demandent la fin des blocages qui commencent à mettre à mal l’économie du pays, quelles solutions peuvent se mettre en place afin de déplacer les poids lourds?

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La solution n’est pas simple. Si les remorqueurs sont en mesure de faire le travail sous certaines conditions, des entreprises ont été menacées de ne pas intervenir, sous craintes de représailles.  

Aucune compagnie de remorquage ontarienne ou québécoise ne veut être vue à déplacer les mastodontes, confirme Réjean Breton, PDG de l’Association des professionnels du dépannage du Québec, en entrevue à 100% Nouvelles sur LCN. 

«Il y a beaucoup de compagnies de remorquage qui ne veulent pas intervenir par crainte, bien entendu», explique M. Breton.

Le gouvernement ainsi que des corps de police ontariens ont communiqué avec certaines entreprises au Québec pour intervenir sur les blocages. 

Réjean Breton, PDG de l’Association des professionnels du dépannage du Québec | capture d'écran TVA Nouvelles

«Ceux-ci n’ont pas voulu intervenir. [...] Une remorqueuse au départ va remorquer un véhicule pour une difficulté technique, présentement on constate que c’est une difficulté politique. C’est pour ça qu’il y a des craintes des remorqueurs québécois à intervenir», précise-t-il. 

Il soutient que des compagnies du Québec ont déjà été menacées de ne pas s’impliquer dans le conflit. 

«Ils ont été invités poliment à ne pas intervenir dans le cas qu’il y aurait une manifestation quelque part au Québec dans les semaines à venir, même si les autorités le demande.»

Réjean Breton considère qu’il y a un degré de dangerosité pour les remorqueurs relié à une intervention dans un blocus.

 Écoutez l’analyse de Frédéric Boily, spécialiste de la politique canadienne et le mouvement conservateur:

Opération complexe      

Par ailleurs, la tâche de remorquer des poids lourds requiert plusieurs manœuvres, et demande environ une heure de travail, dans des conditions normales lorsque le conducteur collabore.

«Imaginez-vous dans les conditions où les véhicules sont stationnés à quelques centimètres entre eux et qu’il y en a beaucoup en même temps au même endroit!» 

Évidemment, tous les remorqueurs ne peuvent remorquer des poids lourds, un équipement spécialisé est requis. La facture du remorquage d’un poids lourd se situe entre 400$ et 700$. 

Selon Réjean Breton, les Forces armées canadiennes seraient en mesure de procéder à l’opération remorquage et déblocage. 

«C’est un problème politique. Au fédéral il y a l’Armée canadienne qui possède des dépanneuses poids lourds. Est-ce qu’il y aurait lieu de vérifier la possibilité que les gouvernements fassent intervenir au temps importun ces véhicules? Je pense qu’ils devaient vérifier de leur côté», conclut-il.

Écoutez le tour des actualités de Mario Dumont et Vincent Dessureault sur QUB Radio:

 

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