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«Convoi de la liberté»: les manifestations ne faiblissent pas

C’est le branle-bas de combat à Ottawa, où les camionneurs continuent de résister depuis maintenant deux semaines, au moment où les «convois de la liberté» prennent de l’ampleur au niveau de certains postes frontaliers.

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Les députés fédéraux étaient unanimes jeudi soir pour exiger la fin de la récréation et des blocages qui entravent la liberté des citoyens et nuisent à l’économie canadienne.

La persistance du blocage du pont Ambassador, un des points d’entrée principaux des États-Unis vers le Canada, a même fait réagir Washington, qui a demandé à Ottawa d’agir vite pour mettre fin aux blocages aux frontières.

Alors qu’une demande d’injonction fait l’objet d’une audience à la Cour supérieure de l’Ontario, les policiers se préparent à intervenir. Les manifestants pourraient être forcés de quitter le pont reliant les villes de Detroit et Windsor dès vendredi soir, si la demande d’injonction est recueillie par la cour.

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, s’est entretenu sur le sujet avec son homologue américain, des discussions qui devraient se poursuivre vendredi.

Sur le terrain, les manifestations ne s’essoufflent pas et les camionneurs réclament toujours la fin des restrictions sanitaires, même en Alberta où la plupart des mesures ont été levées.

Le siège du poste frontalier de Coutts est toujours maintenu, alors que certains résistent encore à Ottawa, malgré les menaces de la police.

Au Manitoba, des manifestants maintiennent le blocage partiel du poste frontalier d’Emerson, poussant le ministre provincial de la Justice à exhorter le premier ministre Justin Trudeau à «calmer le jeu».

«La situation à la frontière doit être réglée par le fédéral, puisque c’est de leur responsabilité», a soutenu Kelvin Goertzen, cité par Global News.

«Les arguments des manifestants ont été entendus et nous devons avancer maintenant», a-t-il ajouté.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) du Manitoba a indiqué en après-midi sur Twitter que «des semi-remorques, des engins agricoles et des véhicules de tourisme continuent de bloquer la frontière à Emerson». Des véhicules d’urgence et les transports agricoles ont tout de même pu franchir le barrage.

Des fermetures préventives à Ottawa

Du côté de la Ville d’Ottawa, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) procèdera, par mesures préventives, à des fermetures de voies sur le pont Macdonald-Cartier, qui relie Gatineau à la capitale fédérale. Ainsi, seulement deux voies dans chaque direction seront ouvertes à la circulation, de vendredi soir à lundi matin. Un deuxième pont, le pont Alexandra, reliant les deux villes, sera, pour sa part, complètement fermé à la circulation de samedi matin à lundi matin. «Durant cette période, les piétons et les cyclistes seront redirigés sur la voie centrale», a indiqué SPAC par voie de communiqué.

«SPAC surveille la situation de près et pourrait mettre en œuvre des fermetures de voies supplémentaires non planifiées sur le pont, au besoin», a-t-on précisé dans un communiqué.

Ailleurs en Ontario, les autorités de Toronto ont également commencé à fermer des routes en prévision d’une nouvelle fin de semaine de manifestation.

«Nous continuerons à assurer une présence policière importante dans le centre-ville et ses environs, ainsi que dans d’autres zones de la ville», a assuré le chef de la police, James Ramer, lors d’un point de presse vendredi.

300 manifestants à Fredericton

Environ 300 manifestants étaient rassemblés devant l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick vendredi après-midi. «Un nombre considérable de personnes se sont rassemblées dans la zone de manifestation et le public doit s'attendre à des retards de circulation dans cette zone au cours du week-end», a communiqué la police de Fredericton, précisant qu’aucune arrestation n’avait eu lieu pour l’instant.

«Jusqu'à présent, nous sommes très heureux que les gens aient pu manifester pacifiquement dans le centre-ville, et nous maintenons leur droit de le faire et nous avons également pu maintenir le droit des autres de se déplacer librement dans la ville», a déclaré le chef adjoint Martin Gaudet aux journalistes présents sur place.

Une soixantaine d'agents d'autres forces de police ont été amenés pour aider, a affirmé M.Gaudet. La police a empêché les gros camions de transports d’entrer dans la ville en installant des barricades bloquant l'accès des véhicules aux zones autour de la législature, ainsi que des points de contrôle.

Les autorités ont mentionné que des ralentissements et des retards de circulation sont à prévoir aux entrées de la ville, alors que la rue Queen, où se trouve l’Assemblée législative, a été fermée. Le corps policier a indiqué, en début d’après-midi, qu’un nombre important de véhicules circulait déjà autour de la zone de manifestation.

«Nous prenons des mesures pour limiter l’impact sur nos routes, nos résidents et nos entreprises. Toutes les livraisons prévues aux entreprises seront autorisées avec un manifeste valide», a ajouté la police.

La police régionale de Halifax, en Nouvelle-Écosse, se prépare aussi à une «grande perturbation» samedi lors de l’arrivée d’un convoi.

«Nous prévoyons de prendre les mesures nécessaires pour minimiser ces perturbations du mieux que nous pouvons», a affirmé dans un point de presse vendredi le porte-parole de la police, John MacLeod.

Faire appel à l’armée?

En point de presse, vendredi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué qu’il est «important d’y aller de façon progressive» et que les «interventions policières seront de plus en plus robustes». Il espère cependant que les manifestants choisiront de partir pacifiquement et que ces derniers estimeront qu’ils se sont fait entendre.

«On ne veut jamais déployer l’arme contre des civils canadiens», a ajouté M. Trudeau, qui mentionne qu’il y a encore plusieurs étapes à franchir avant de faire appel à l’armée. Ceci devrait toujours être utilisé en dernier recours dans ce genre de situation, a estimé le premier ministre.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a jugé l’approche d’Ottawa «timide» pour mettre fin aux nombreux barrages.

«On comprend tout à fait l’écœurantite aiguë des manifestants et de la population en général, mais prendre d’assaut l’économie n’est pas la solution. On est tous dans le même bateau dans cette crise», a affirmé par communiqué M. Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.

Pour sa part, le candidat à la chefferie du Parti conservateur, Pierre Poilièvre, continue de se porter à la défense des manifestants, a rapporté le «National Post» vendredi.

«Je suis fier des camionneurs et je suis à leurs côtés», a-t-il mentionné dans une entrevue enregistrée jeudi pour un épisode du podcast «Full Comment with Anthony Furrey.

«Ils ont atteint un point de non-retour après deux ans de dépassement massif du gouvernement d’un premier ministre qui insulte et dégrade quiconque n’est pas d’accord avec son approche brutale», a ajouté M. Poilièvre, qui estime que ce sont les politiques excessives du gouvernement Trudeau qui ont forcé les gens à manifester.

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