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Le retour du pouvoir de négociation des salariés

Grâce à une combinaison d’inflation et de pénurie de main-d’œuvre

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Avec l’inflation qui atteint des sommets et les travailleurs qui se font rares dans plusieurs secteurs, les conditions sont excellentes pour renégocier son salaire.

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« Assurément, les employés et les chercheurs d’emploi ont le gros bout du bâton présentement », lance Patrick Poulin, un des patrons de la firme Ranstad à Montréal. 

Les pronostics de l’entreprise du secteur des services en ressources humaines pour 2022 sont très favorables aux salariés.

« Le marché de l’emploi est assez impressionnant actuellement », ajoute M. Poulin. 

Outre les emplois où on s’arrachait déjà les travailleurs avant la pandémie, comme ceux dans le secteur des technologies de l’information, les emplois techniques représentent un autre terrain fertile pour des augmentations de salaire. 

Il peut s’agir de postes de mécanicien industriel, de mécanicien d’entretien ou d’électricien, par exemple. 

Les salaires grimpent lentement

Cette semaine, Statistique Canada indiquait que les salaires n’ont augmenté en moyenne que de 2,4 % de janvier 2021 à janvier 2022, contre 5,1 % pour l’inflation. 

De son côté, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) confirmait la tendance pour 2021 : le salaire horaire moyen a bondi de 2,2 %, contre 3,8 % pour l’inflation.

Au Québec, le salaire moyen s’est établi à 28,81 $ l’heure l’an dernier, selon les chiffres de l’ISQ.

Les spécialistes consultés cette semaine sont plutôt optimistes quant aux possibilités de hausses salariales cette année. 

« Les pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs donnent plus de pouvoir de négociation aux travailleurs », indique d’abord Jean-François Rouillard, professeur agrégé au département d’économique de l’Université de Sherbrooke.

Un de ses collègues va dans le même sens. « On commence à penser que le pouvoir de négo existe », dit David Dupuis, responsable du baccalauréat en économique de l’Université de Sherbrooke.

« Si les travailleurs deviennent fermes sur les demandes salariales pour compenser l’inflation, ça ne prendra pas 24 mois pour arriver à quelque chose dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre », ajoute M. Dupuis. 

Tous s’entendent pour dire qu’il n’est pas exagéré de viser une hausse de 5 % du salaire, de façon à compenser l’inflation. 

Ceux qui ont signé une convention ou renégocié leurs salaires l’an dernier risquent toutefois de s’en mordre les doigts. 

« Ça va être assez inéquitable. Ceux qui ont signé l’an dernier risquent de payer les frais de la hausse de l’inflation », observe M. Rouillard. 

Les salaires « doivent suivre »

Si l’inflation est élevée, « il faut que les salaires suivent », insiste Julia Posca, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

« Pour l’ensemble des salariés, il y a lieu d’ajuster les salaires », dit-elle.

Beaucoup de postes vacants sont des emplois à bas salaire dans le monde de la restauration ou du commerce de détail. Une occasion de penser aussi à augmenter le salaire minimum, pense Mme Posca. 

« Il y a beaucoup d’espace pour des hausses de salaire qui auraient un impact sur les travailleurs qui sont au bas de l’échelle », résume-t-elle.  

De fortes hausses salariales pour certains emplois depuis 2019, au Québec   

  • Chargé de projet en construction : de 15 % à 30 %   

selon le niveau d’expérience (junior, intermédiaire ou senior)  

  • Mécanicien d’entretien : de 22 % à 30 %  
  • Électricien : de 22 % à 30 %  
  • Conseiller en acquisition de talents : 20 %  
  • Développeur full stack : 19 %   

Source : Ranstad

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