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Hydro-Québec compte verser 400 M$ à sa concurrente

Le siège social du distributeur de gaz naturel Énergir, qui se nommait Gaz Métro avant d’être rebaptisé en 2017, à Montréal.

Photo courtoisie

Le siège social du distributeur de gaz naturel Énergir, qui se nommait Gaz Métro avant d’être rebaptisé en 2017, à Montréal.

Québec veut encourager les utilisateurs de chauffage au gaz à se tourner davantage vers la biénergie et l’électricité. Mais cette mesure qui vise à réduire les gaz à effet de serre fera toutefois en sorte de hausser la facture des clients d’Hydro-Québec.  

La Régie de l’énergie doit se pencher cette semaine sur un projet entre la société d’État et sa concurrente Énergir, fournisseur de gaz naturel, qui aura comme résultat la diminution du gaz en faveur de l’électricité, comme le souhaite le gouvernement.

Mais en contrepartie, Hydro-Québec propose de payer une compensation à Énergir de 400 millions $ entre 2022 et 2030 pour ses pertes de revenus. 

Plus de 250 M$ dans vos poches 

De ce montant, 255 millions $ seraient puisés directement dans les poches des clients d’Hydro dont les tarifs seraient augmentés. Cette compensation pourrait être prolongée jusqu’en 2041, ce qui est dénoncé par plusieurs groupes. 

«En 2025, il y aura une première hausse pour tous les clients d’Hydro. Mais en 2030, cette augmentation serait plus importante, on parle d’un montant de 85 millions $», explique Viviane de Tilly, analyste externe chez l’Union des consommateurs, lors d’une entrevue avec Le Journal

«C’est particulièrement inquiétant, car il y aura d’autres actions à poser par Québec pour décarboner le secteur. Est-ce le premier jalon et les clients d’Hydro devront payer à nouveau ?», se demande-t-elle. 

Insensé, selon Greenpeace 

Pour Greenpeace, le fait de compenser une entreprise qui distribue de l’énergie fossile n’a aucun sens.  

«Ce qui est proposé amène seulement une réduction de 6 % des émissions dans le secteur résidentiel pour 2030. C’est loin de la cible de 50 % qu’on veut atteindre. Donc, ce projet est cher, ça met en place des systèmes de gaz à long terme et ça amène un dangereux précédent de payer une gazière», croit Patrick Bonin de Greenpeace Canada. 

Moins cher au final 

De son côté, Hydro-Québec affirme que le partenariat « est essentiel pour décarboner le chauffage » et pour passer à travers les pointes hivernales quand l’électricité vient à manquer.  

Selon la société d’État, l’électrification complète du secteur coûterait 1,7 milliard de dollars notamment en infrastructures. 

«Ça permet donc de minimiser les impacts tarifaires pour la clientèle », a assuré le porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. 

Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio :  

Selon Greenpeace, la dirigeante actuelle d’Hydro-Québec Sophie Brochu, qui a longtemps été à la tête de Gaz Métro, pourrait avoir joué un rôle important dans le projet commun. 

«De toute évidence, elle a un biais favorable au gaz, il faut se rappeler qu’elle a été la lobbyiste numéro un du gaz au Québec pendant des années», croit M. Bonin. 

L’entente entre Hydro et Énergir pour réduire les gaz à effet de serre  

Québec veut réduire de 50 % les émissions dans le chauffage des bâtiments d’ici 2030.

Les nouveaux systèmes au mazout seront interdits à partir de 2024.

Hydro-Québec et Énergir veulent stimuler la conversation vers la biénergie. La société d’État entend verser 400 millions $ en compensation à sa concurrente.

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